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Information, intelligence, inconscient

D 28 septembre 2017     H 06:55     A Louÿs Jacques     C 0 messages


 Introduction

Dans ce site, est mise à l’épreuve une nouvelle conception du fonctionnement psychique. Cette conception est celle d’une permanence de la personne humaine, grâce à une double oscillation dansante, selon quatre pôles fonctionnels logiques en relation (tétravalents). Avec ce modèle, se renouvelle la notion si précieuse d’homéostasie, qui explique l’équilibre des fonctions corporelles grâce à des forces contraires. Des progrès scientifiques nous permettent ce renouvellement du modèle. Depuis quelques décennies, pour expliquer les systèmes vivants, nous bénéficions de l’élaboration théorique des « systèmes ouverts » en physique ; cf le schéma de Wikipédia : système ouvert, avec ses entrées et ses sorties et l’équilibre de la formation persistante entre les deux.

Une forme se maintient grâce à cet équilibre, plus ou moins précaire, entre entrées et sorties. C’est une opération anti-entropique, « néguentropique », qui s’oppose à la tendance naturelle des formations à la désorganisation, c’est à dire à l’entropie [1]. Si les entrées sont insuffisantes, quantitativement ou qualitativement, ou si les sorties sont trop conséquentes, la formation s’effondre. Pour nous humains, la vie s’éteint à ce moment-là. L’entropie reprend le dessus. Tout au long de notre vie, des configurations cliniques passagères peuvent apparaître, qui montrent la fragilité de ce fonctionnement néguentropique.

Dans un modèle logique tétravalent, la danse est double pour conformer cet équilibre homéostatique. Cela améliore grandement la « résilience » néguentropique du système par rapport à une bivalence simple, du type action / réaction. Cette capacité de résilience peut expliquer pourquoi l’être humain utilise une telle double danse. Cette danse est « psychique », car elle définit justement le psychisme comme utilisant des éléments corporels ad hoc, pour les faire doublement osciller entre eux, en commençant par les pré-requis génétiques neurologico-hormonaux.

Cette danse psychique, sans doute impulsée de façon épigénétique par l’imprégnation mère-bébé des premiers mois de la vie, n’est pas limitée aux seuls équilibres de cette dyade. Elle s’étend à la vie sociale où se trouve plongée, d’emblée, une personne humaine, mais aussi elle s’étend à l’autonomie corporelle, où se construit un individu singulier et, enfin, elle concerne la vie sexuée, où l’on se met à danser avec un autre sexué. Cela nous donne quatre registres psychiques principaux. Une même formule logique tétravalente nous permet de comprendre les doubles oscillations qui s’y produisent, même si ces registres utilisent des éléments différents pour créer des oscillations.

Les quatre registres psychiques sont des registres relationnels :
- registre dyadique (relation mère-enfant et toutes les relations ultérieures de ce type),
- registre socio-langagier (relation symbolique),
- registre narcissique (relation à soi-même de l’autonomie individuelle),
- registre sexué (relation où la sexuation de l’autre est prise en compte).

La clinique de ces relations se rattache, de façon descriptive, à l’un ou l’autre de ces quatre registres. Comme plusieurs registres peuvent être en cause, cela nous donne une clinique plus ou moins complexe.

Les quatre pôles dansants logiques du psychisme humain [2] :
- S est le pôle de la réduction du réel,
- ¬S est le pôle de la falsification de la réduction S, par réduction supplémentaire,
- corr(S,¬S) est le pôle des corrélations possibles entre S et ¬S,
- ¬(S,¬S…) est le pôle de ce qui échappe aux opérations précédentes, le reste qui permet une ré-initialisation de la danse.

 L’information

Si le psychisme se déglingue, il ne le fait pas n’importe comment. La clinique que l’on obtient n’est pas arbitraire. Même si cela n’est pas une démarche théorico-expérimentale directe, la recherche clinique est suffisante pour asseoir ce modèle tétravalent.

Pour cela, il s’agit de communiquer et de partager des informations cliniques. C’est l’enseignement que le lecteur peut trouver sur ce site. Mais qu’est-ce que l’information, en général ? De quoi s’agit-il véritablement dans cette communication d’information ? C’est le moment de le préciser avec l’aide de notre modèle logique même. L’information peut découler directement des quatre registres psychiques, qui se singularisent, chacun, par des formations typiques. Elle peut aussi venir de plusieurs registres à la fois.

Dans chaque registre, l’opération de réduction S va aboutir à une réduction du réel par la réalisation d’une formation caractéristique. On crée ainsi notre réalité.

L’opération de falsification ¬S, qui en découle, est une analyse, c’est à dire une décomposition de la formation en ses éléments constitutifs, tout au moins ceux qui peuvent être décelés.

La somme et la computation des corrélations entre une formation et ses composants, corr(S,¬S), nous donnera, justement, ce qu’on peut appeler une information.

Quant au « reste » ¬(S,¬S…), c’est ce qui est inaccessible, l’inconnu de l’opération de réduction.

Ainsi, l’information se définit par l’action de corréler une réduction du réel, c’est à dire une formation, avec ses éléments constitutifs. On crée une information par ce traitement particulier de nos réductions du réel.

Remarquons qu’une information peut être :
- issue d’un couple dyadique,
- socio-langagière,
- corporelle,
- sexuée.

 L’intelligence

La gestion d’une formation complexe, impliquant plusieurs registres, c’est la capacité de relier psychiquement les quatre registres, grâce au même processus logique tétravalent de la fonctionnalité psychique. C’est toujours une action assez problématique. Avant même d’être une question à résoudre, rappelons qu’un problème est ce qui est jeté devant nous. La réalité, que nous abordons dans la soupe du réel est problématique. Elle nous questionne et nous entraîne à l’analyser et à la corréler. J’appellerai « poser un problème » cet abord d’une formation complexe, trans-registres, avec les différents sens du mot « problème ».

La gestion d’une formation complexe, c’est la capacité :
- de poser un problème,
- de comprendre les éléments du problème, les composants résultant d’une analyse du problème,
- de computer et corréler le problème et ses éléments constitutifs, ce qui est l’intelligence même du problème,
- enfin, d’être capable de distinguer le problème de ce qui n’est pas le problème, c’est à dire de ne pas s’occuper du « reste ».

Cela nous donne une définition de l’intelligence comme la capacité active de corréler une formation complexe avec ses éléments constitutifs.

Si l’on bâtissait un jour une intelligence artificielle capable de cela, en déréglant cette I.A., on disposerait d’une capacité de vérification expérimentale du fonctionnement psychique tétravalent, par comparaison avec les éléments cliniques retrouvés chez les humains. Avec prudence, bien sûr !

 L’inconscient (Ics)

Ce qui permet cette action de corrélation à partir d’une formation complexe, c’est l’inconscient, au sens freudien du terme. Les éléments inconscients personnels résultent de la sélection, par empreinte, d’éléments corporels du double corps de la dyade mère-enfant, afin de les faire danser selon les pôles tétravalents du psychisme. Le dr J. Lacan a généralisé et formalisé les briques dansantes de cet inconscient comme : a, S1, S2, $. Il les a articulées par des permutations au quart de tour dans les différents registres du psychisme, qu’il appelle des « discours ». S’ils sont personnels à chacun, ils suivent une danse tétravalente commune. Pour en faire un résumé :

Pour conclure, émettons l’hypothèse que l’inconscient freudien (Ics) a comme utilité de nous permettre, à chacun, avec nos briques personnelles, d’être intelligent. Plus nous dansons facilement dans les registres psychiques, plus nous sommes capables d’intelligence. Voilà une bonne raison de se ré-intéresser aujourd’hui à l’inconscient !

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