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Documents cliniques : Exemples donnés par Esquirol de suicides aigus

D 28 septembre 2004     H 15:27     A Jean Etienne Esquirol     C 0 messages


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Ces cas cliniques sont exposés dans le premier tome de l’ouvrage célèbre de E. Esquirol : « Des maladies mentales considérées sous les rapports médical, hygiénique et médico-légal » ( pages 534 à 536 de l’édition de 1838 )

 

Les exemples du suicide aigu produit par l’égarement des passions sont si fréquents, qu’il me suffit d’en indiquer un petit nombre.

Le dépositaire de la fortune de ses concitoyens perd au jeu l’argent qui lui a été confié ; son honneur est perdu, il se brûle la cervelle.

Un négociant fait une perte considérable, il craint de ne pouvoir remplir ses engagements ; il va se précipiter dans la rivière.

Un cordonnier âgé de 45 ans, logé place du Louvre, jouissant d’une bonne santé et faisant de très bonnes affaires, avait passé la journée avec sa famille ; le lendemain, de très bonne heure il ouvre sa boutique, va boire suivant son usage un verre d’eau-de-vie chez I’ épicier son voisin ; il rentre chez lui ; environ dix minutes après, ses ouvriers viennent pour leur travail et trouvent ce malheureux étendu dans son arrière boutique : il s’était ouvert le ventre avec un tranchet et avait repoussé ses intestins hors de la cavité abdominale. On apprit que cet homme avait perdu deux ou trois jours avant une somme considérable et qu’il ne lui restait plus rien pour remplir les engagements qu’il avait contractés pour le jour où il se tua, qui était le dernier du mois... 1820.

Madame G..., mariée depuis peu de jours avec un jeune homme qu’elle aime, a une vive altercation avec sa mère, au sujet de son mari ; elle sort brusquement . Ne la voyant pas rentrer, on envoie sa sœur la chercher. En passant près du Rhône, cette jeune fille aperçoit les vêtements de sa sœur flottant sur l’eau du fleuve ; la mère qui l’avait suivi de près, à ce spectacle, échappe aux personnes accourues à ses cris, et se précipite aussitôt.

Madame..., âgée de 32 ans environ, surprend son mari avec sa sœur ; celui-ci la maltraite de propos ; aussitôt cette femme déclare à son mari qu’il n’aura plus d’épouse, et se précipite par une croisée très basse. Elle ne se fait que de très légères contusions On s’empresse pour la secourir ; pendant qu’on la porte dans son lit, elle gémit, se plaint de n’avoir pas accompli son dessein, et répète que les soins qu’on lui prodigue sont inutiles. On lui offre quelque boisson, elle la refuse, ainsi que les aliments qu’on lui présente ; elle ne répond à aucune question. Son mari lui donne les plus grands témoignages de regret et d’affection. Loin de se rendre à ses instances, toutes les fois que le mari approche du lit de sa femme, ou lui parle, la figure de cette infortunée s’altère, devient convulsive ; six jours se passent dans cet état, rien ne peut vaincre la résolution de ne prendre aucune nourriture. Je suis appelé le sixième jour. La malade était très affaiblie, les yeux étaient hagards, le pouls faible, fréquent, avec des intermittences, la peau était brûlante ; la malade n’accusait aucune douleur, mais poussait de profonds soupirs. Elle répondit à mes questions en faisant des signes de tête. Je la déterminais à avaler trois cuillerées d’eau sucrée, et elle fit de grands efforts pour cela. Depuis elle ne voulut plus rien prendre. Le lendemain, elle succomba après une sueur générale de quelques heures.


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