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Logique clinique de la psychose affective

D 7 juin 2004     H 13:07     A Louÿs Jacques     C 0 messages


 


 Le modèle de psychisme utilisé


 

Le modèle oscillatoire du psychisme, que nous utilisons dans cet article, est un modèle fonctionnel censé être connu maintenant du lecteur de ce site. Il peut, sinon, se reporter à l’article : La théorie unitaire du psychisme.

Ses caractéristiques les plus notables sont que le maximum d’oscillation se passe entre un pôle « ternaire » et un pôle « duel ». Leur articulation logique suivra, non pas une articulation en dilemme sur le mode aristotélicien, mais une articulation en “tétralemme”. Pour plus de renseignement sur ces oppositions dialectiques tétravalentes, cœur de l’homéostasie psychique, voir l’article : Le modèle oscillatoire de la réalité psychique : un modèle trans-niveaux.

La psychose, comme pathologie psychique, se remarque du trop grand attachement de la personne à la dualité. La personne souffrant de psychose se retrouve collée aux pôles duels. Ce collage tend à bloquer l’oscillation et la fluidité normale du fonctionnement psychique par défaut d’utilisation des capacités ternaires du psychisme. Les pôles ternaires, au bout d’un temps de pression, vont ressortir, par un déblocage calamiteux, dans l’apparition de symptômes affreux.

Nous en déduisons deux formes logiques de psychose :

  • blocage en « action duelle » : c’est la psychose dissociative que l’on trouvera déjà traitée dans un autre article du site ;
  • blocage en « réaction duelle », traité ci-dessous : c’est la psychose affective, avec ses symptômes caractéristiques selon les registres où ils apparaissent.

Rappelons que cette clinique dépend étroitement du modèle utilisé. Elle a l’avantage, sur la clinique pragmatique habituelle, d’être logique. Elle est vérifiable et discutable autrement que par des assénations statistiques, nécessitant un même conditionnement des différents évaluateurs, afin d’obtenir une validité inter-juge. Cette sorte de validité-là est toujours branlante et dépendante d’un “maître” d’école du moment, pouvant imposer sa vision des choses. Cette clinique-ci pose, par contre, des bases réellement scientifiques à une clinique du fonctionnement psychique.

 


 La clinique de la psychose affective


 

Dans la psychose affective, nous sommes dans le cas de figure où la réaction psychique exagérée est « duelle ». La limite oscillatoire réactionnelle dépend de facteurs internes à la personne. Ce sont des facteurs “affectifs” au sens large, d’où le terme de psychose affective. L’action bloquée en corrolaire est, par contre, « ternaire », les facteurs limitants y étant externes.

La réaction psychique duelle est dite primaire dans le cas d’un trouble du développement ou, le plus souvent, secondaire, comme moyen de défense à un premier surgissement du symptôme dans un registre ou un autre. La personne se défend, alors, contre le risque du symptôme.

Si ce pôle duel s’effondre par surtension, le surgissement intempestif de l’activité ternaire, en corrolaire, fait apparaître une nouvelle série de symptômes. L’aspect de ceux-ci dépendra du registre relationnel psychique utilisé. Cela va nous permettre de comprendre, en clair, de quoi il s’agit.

 


La psychose affective en résumé :

 


  • Pôle « affectif » de réaction duelle comme fixation primaire, ou comme moyen de défense secondaire

 


  • Pôle d’action ternaire symptomatique, avec des symptômes repérables dans différents registres psychiques relationnels

 


 Déclinaisons de la psychose affective selon les différents registres psychiques


 

Quatre “registres”, c’est à dire quatre types de dispositifs réverbérants psychiques (internes et externes à la personne), nous donnent quatre aspects principaux de la psychose affective. Ce sont des troubles des relations caractéristiques où fonctionne la personne :

  • troubles des relations de maîtrise de type dyadique ;
  • troubles de l’autonomie, qui mettent en jeu les relations de la construction de soi avec soi-même ;
  • troubles des relations dites sociales, quand le sujet est pris dans la danse collective (dont le langage) ;
  • troubles des relations dites sexuées, où le sujet est mis à l’épreuve de sa sexuation avec un autre sexué (relation au manque).

 


 La fixation en réaction duelle


 

Quels sont les aspects de la fixation en réaction duelle (avec inhibition consécutive de l’action ternaire), selon ces quatre registres fondamentaux :

 

1 ) la psychose affective dans les relations de maîtrise dyadique :

Les relations avec l’autre sont marquées par une relation fusionnelle affective avec quelqu’un, dans un aspect de symbiose fascinatrice.

 

2 ) la psychose affective dans la relation à soi-même :

Le sujet dépense toute son énergie dans des autostimulations émotionnelles démesurées sous forme d’anorexies, d’addictions, de conduites à risque, de mélancolies tenaces, de peurs inextinguibles, de manies prolongées, de ruminations suicidaires...

 

3 ) la psychose affective dans les relations sociales :

Le sujet va ne pas pouvoir s’empêcher affectivement de coller à des personnes incapables de la moindre ambition et de s’enfoncer dans l’échec social et la marginalité, au nom d’une solidarité incompréhensible.

 

4) la psychose affective sexuée :

L’amour irraisonné et le collage tendre à l’autre est total, sans que la personne « aimante » ne puisse réfréner son affectivité paralysante.

 


 Les symptômes d'action ternaire correspondants


 

1 ) le symptôme dans les relations de maîtrise dyadique :

Des impulsions prédatrices ou agressives incontrôlables surgissent, déjà envers les plus membres les plus proches d’un couple dyadique, mais qui peuvent s’étendre comme vols impulsifs, ou agressions, au détriment de tous ceux que rencontre cette dyade.

 

2 ) le symptôme dans la relation à soi-même :

Des crises de dépersonnalisation viennent envahir le sujet, dans un surgissement de son image personnelle unitaire, comme si elle était étrangère à lui et monstrueuse, et pourtant le concernant et s’imposant à lui, par cette souffrance même. Des auto-mutilations diverses vont agresser le corps.

 

3 ) le symptôme dans les relations sociales :

Des voix hallucinatoires, ou des interprétations forcées, vont n’avoir de cesse d’envahir le sujet et de le déclarer incapable, à l’aide d’injures de toutes sortes, de persécutions, de moqueries, d’impressions d’hostilité, de menaces, de dénonciations et de nostalgies malencontreuses.

 

4 ) le symptôme dans les relations sexuées :

Le désir calamiteux du sujet comme symptôme impulsif est le désir brutal de l’autre sans limite, sans merci, sans l’équilibre d’aucune tendresse envisageable. Il ne peut s’empêcher de se donner corps et âme à un “ogre” sexuel ou de présenter des impulsions sexuelles agressives.

 


 Résumé de la clinique de la psychose affective :


 

type de relation en jeu fixation en réactivité duelle symptômes d’action ternaire
relations de maîtrise dyadique symbiose fascinatrice vols impulsifs, agressions dominatrices soudaines
relations à soi-même autostimulations émotionnelles démesurées crises de dépersonnalisation
relations sociales communions marginales voix hallucinatoires ou interprétations forcées
relations sexuées symbiose affective impulsivités sexuelles à risque

 


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