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Logique clinique de la perversion

D 18 mai 2004     H 12:50     A Louÿs Jacques     C 0 messages


 


 Le modèle de psychisme utilisé


 

Un modèle oscillatoire du psychisme est un modèle fonctionnel. Le psychisme est, par nature, mouvant, dialectique, entre des tensions contraires. La clinique découle de ses blocages et déblocages calamiteux. La vision homéostatique de pôles de fonctionnement, entre lesquels oscille le psychisme, a deux conséquences importantes :

  • d’abord ces pôles fonctionnels ne sont pas forcément “intra-corporels“ à une personne ; ils peuvent se trouver en opposition entre deux corps, sexués ou non, ou, symboliquement, entre une personne et une organisation sociale ; cela donne quatre cas de figure principaux, qui sont autant de dispositifs réverbérants particuliers ; j’appelle ces cas de figure des « registres » relationnels ;
  • ensuite, les facteurs limitant l’amplitude de la dialectique fonctionnelle peuvent être « internes » ou « externes » à la personne, dans chaque registre.

La conjonction de ces deux paramètres nous donnera seize situations principales où lire le fonctionnement psychique et sa clinique : quatre pôles de renvoi les uns aux autres et quatre registres concernés, oscillants ensemble par résonance. Chaque situation est un endroit où peut se bloquer l’oscillation psychique. C’est aussi un endroit où le déblocage anormal de cette oscillation aboutira au surgissement d’un symptôme. Mettre moins de paramètres nous donnerait une clinique plus simple, mais trop réduite pour être utile à notre analyse. La perversion est une de ces situations de blocages et de déblocages.

 


 Clinique de la perversion


 

Dans la perversion, nous sommes dans le cas où l’activation psychique exagérée est TERNAIRE. Elle fait intervenir un tiers élément dans une conduite relationnelle externe. Elle est à trois éléments, ce qui détermine une ligne à suivre, une conduite. La réaction consécutive inhibitrice, qui se retrouve bloquée, est, par contre, DUELLE. Les facteurs limitants y sont internes, émotionnels au sens large. Ils ne peuvent jouer convenablement leur rôle.

L’activation psychique ternaire exagérée est primaire, d’emblée, comme trait de caractère, ou, le plus, souvent, secondaire comme moyen de défense à un premier surgissement du symptôme. Voir l’article : Clinique et oscillation psychique. Le surgissement intempestif de la réactivité duelle, en contrepoint, fait apparaître une série de symptômes. Ceux-ci sont caractéristiques du registre utilisé. La défense psychique va généralement s’organiser pour essayer de les empêcher d’apparaître ; la personne concernée se raidit psychiquement, jusqu’à ce que le symptôme resurgisse un jour, forçant le psychisme par retour du refoulé.

La perversion en résumé :

Conduites perverses / Emotions symptomatiques

 


 Déclinaisons de la perversion


 

Nous avons déjà défini quatre types de dispositif réverbérant, quatre registres qui nous donnerons quatre aspects principaux de la perversion. C’est ce qui donnera différentes déclinaisons perverses, que l’on nommera par facilité au pluriel : des perversions. Ce seront :
- les troubles des relations de maîtrise, de type dyadique ;
- puis, les troubles de l’autonomie, qui mettent en jeu les relations de la construction de soi avec soi-même ;
- ensuite, les troubles des relations dites sociales, quand le sujet est pris dans la danse collective du social et le langage correspondant ;
- enfin, les relations dites sexuées, où le sujet est mis à l’épreuve de sa sexuation et du manque de l’autre.

 


 Aspects de la fixation en action ternaire


 

1 ) La perversion dans les relations de maîtrise dyadique : l’exploitation de l’entourage

Il s’agit d’une prise de pouvoir chronique sur l’autre membre de la dyade et sur l’entourage de la dyade, de manière à réduire le prochain en esclavage, par une séduction exagérée et exclusive, voire par la force, si nécessaire. C’est alors une domination pour la domination, comme conduite en soi.

2 ) La perversion dans la relation à soi-même : le renforcement narcissique du « moi »

Il s’agit de devenir une « personnalité » distincte et reconnaissable, unique quelque part, à tout prix, en refusant ses limites émotionnelles.

3 ) La perversion dans les relations sociales : le chef conquérant à tout prix

Le sujet est occupé à devenir un chef conquérant, sans scrupule et sans cœur.

4 ) La perversion sexuée : le désir de l’ogre

Le sujet n’a de cesse de privilégier son désir d’appropriation sexuelle en imposant ses goûts exclusifs, y compris dans ce qui dégoûtera l’autre et lui fera horreur au maximum. Il y a refoulement de tout sentiment amoureux vrai.

 


 Les symptômes de réactivité duelle involontaire


 

1 ) Le symptôme dans les relations de maîtrise dyadique : les crises d’imitation incoercible

Le sujet ne peut s’empêcher de devenir un double, un écho réactionnel, en singeant son partenaire de dyade.

> Voir l’article : Articulation clinique : vols impulsifs, relation fusionnelle, crises d’imitation, exploitation de l’entourage

.

2 ) Le symptôme dans la relation à soi-même : les crises de déchaînement émotionnel

Le sujet se retrouve affligé de crises intempestives d’hyper émotion inadaptée, par exemple des crises de peur panique, ou des crises hypocondriaques épisodiques.

> Voir l’article : Articulation clinique : Déchaînements émotionnels et renforcements démesurés du « moi »

3 ) Le symptôme dans les relations sociales : les crises de détresse sociale

Le sujet social manifestera sa détresse « sociale » par des manifestations d’anomie qui amèneront l’entourage à s’affoler dans des « secours » de plus en plus intenses et inefficaces ou des essais de reprises en main violentes.

> Voir l’article : La méronymie et les excès du déni dans la perversion sociale : dictature, anomie, révolution

4 ) Le symptôme dans les relations sexuées : les crises d’impuissance douloureuse

Le sujet se voit affligé de moments calamiteux d’impuissance soudaine et de manque de désir, cherchant trop involontairement l’affection au moment où il serait intéressant pour lui de s’activer.

> Voir l’article : Articulation clinique : crises d’impuissance douloureuse et perversions sexuelles compensatrices

 


 Tableau récapitulatif


 

 

type de relation fixation en action ternaire symptômes de réaction duelle
relations de maîtrise dyadique prédation de l’entourage crises d’imitations incoercibles
relations à soi-même renforcement narcissique du “moi” crises d’hypocondrie ou de déchaînement émotionnel (peur panique)
relations sociales chef conquérant à tout prix crises de détresse sociale
relations sexuées le désir de l’ogre sexuel crises d’impuissance douloureuse

 


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