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Logique clinique de la névrose

D 20 septembre 2004     H 11:42     A Louÿs Jacques     C 0 messages


 


 Le modèle de psychisme utilisé


 

Nous partirons d’un modèle de psychisme oscillant entre action et réaction et dont le moteur est inconscient  [1].

 


 

Le pôle “action”, ou le pôle “réaction”, recevront une valence, dans le domaine préconscient-conscient. Nous la qualifierons de « duelle » ou de « ternaire », selon que quelque chose d’externe interviendra, ou non, pour limiter l’oscillation. Une réverbération, qui dépendra de l’intervention de quelque chose d’externe, sera ternaire. Un arrêt de l’oscillation d’elle-même, par épuisement de la force qui la fait basculer dans un sens donné, par une limite interne, sera qualifiée de duel. Mais, le résultat sera le même dans les deux cas : arrêt de l’action et retour de l’oscillation vers le pôle de la réaction ; ou, arrêt de la réaction et retour de l’oscillation vers le pôle de l’action. Une jouissance de fond sera perceptible. C’est un plaisir oscillatoire caractéristique. Le sujet bénéficie d’un bon fonctionnement de son oscillation psychique.

 


 La clinique en découlant


 

Une clinique se trouve remarquable par blocage de l’oscillation, en action ou réaction. Il y a un “plaisir” exagéré d’un pôle de l’oscillation et une disparition de l’autre, trop désinvesti, trop « refoulé ». Sous l’effet des éléments du moteur inconscient interne et d’éléments externes inconscients adéquats, un déblocage peut s’effectuer. C’est un retour involontaire, anormal, de ce pôle “refoulé”. Ce déblocage est généralement très pénible, car forcé et subi par le sujet. Il ne lui rétablit pas la jouissance originelle. Nous l’appellerons un symptôme.

Un retour volontaire au pôle d’avant, pour retrouver le plaisir d’avant le symptôme, peut s’observer, dans un moyen de défense contre le risque du symptôme. Ce moyen de défense tiendra plus ou moins longtemps, jusqu’à ce que le symptôme arrive de nouveau à tout balayer et que le sujet ne contrôle plus rien. L’utilisation de psychotropes et/ou de psychothérapies de contrôle de soi, peut amener une nouvelle disparition du symptôme, par renforcement des moyens de défense du sujet, jusqu’à l’apparition possible d’un nouvel effondrement psychique.

 


 La clinique de la névrose


 

Si le plaisir de réaction ternaire est de fond, et que le symptôme surgit comme action duelle pénible et incoercible, nous aurons la clinique de la NEVROSE.

 



 

 

 

 

 

 

 

Si c’est, au contraire, l’action duelle qui est de fond (ou renforcée comme moyen de défense), et la réaction ternaire produite dans le symptôme, nous aurons la clinique de la PSYCHOSE DISSOCIATIVE. C’est l’envers logique de la névrose, où nous aurons des symptômes dit, abusivement, “névrotiques” : voir l’article : Logique clinique de la psychose dissociative.

Nous aborderons, ici, ce qui est généralement décrit, dans la clinique, comme “névrose de caractère”, bien qu’il s’agisse souvent déjà d’un moyen de défense et pas seulement d’un caractère de fond. Les symptômes correspondants seront décrits en conséquence, mais il ne s’agit pas de symptômes proprement “névrotiques”, qui font partie de la modalité clinique tout à fait contraire à celle-ci.

 



 

 

 

 

 

 

Résumé de la névrose :

 

Pôle de réaction ternaire comme moyen de défense / Pôle d’action duelle symptomatique

C’est le pôle d’action duelle, qui surgit incongrûment dans le symptôme. Auparavant, on pouvait noter une réactivité ternaire exacerbée défensive.

 


 Déclinaisons de la névrose


 

Selon la nature du processus réverbérant, nous aurons différents aspects de la névrose. Ils nous permettront d’illustrer concrètement de quoi il s’agit dans cette clinique. Ils nous amènerons à concevoir les associations préférentielles de symptômes, afin d’en comprendre leur logique. Cela nous donnera aussi, ce qui est très important dans une démarche scientifique, toujours à la recherche de la validation du modèle utilisé, la possibilité de prévoir l’évolution possible de la clinique pour un sujet donné, au cas par cas. C’est ce que ne permettra jamais d’asseoir toute formule basée sur des études statistiques.

Nous définirons quatre types de dispositif réverbérant, qui nous donnerons quatre aspects principaux des troubles névrotiques. Ce seront les troubles des relations de maîtrise de type dyadique ou relations de « couple » ; puis, les troubles de l’autonomie, qui mettent en jeu les relations de la construction de soi avec soi-même, corporelles ; puis, les troubles des relations dites sociales, quand le sujet est pris dans la danse collective et le langage ; et, enfin, les relations dites sexuées, où le sujet est mis à l’épreuve de sa sexuation, avec l’autre sexué.

 


 


 Aspects de la fixation en réactivité ternaire ( avec inhibition consécutive de l'action duelle )


 

1 ) la névrose dans les relations de maîtrise dyadique : l’angoisse de fond.  [2]

Le sujet est toujours aux aguets de tout danger qui pourrait survenir pour lui et son partenaire de vie, consacrant le couple à l’attention conjointe sans faille, au détriment de ce qu’ils pourraient vivre intimement

2 ) la névrose dans la relation à soi-même : l’exagération réflexive cognitive [3]

Le sujet est un penseur, qui pense sans cesse à tout de façon très élaborée, sans jamais conclure ni agir concrètement

3 ) la névrose dans les relations sociales : l’hypermoralisme social   [4]

Le sujet est préoccupé d’abord par un moralisme social sans faille et sans limite, même pour des causes douteuses ou irréelles

4 ) la névrose sexuée : la trop grande retenue et jalousie sexuée [5]

Le sujet est un parangon de vertu, qui n’en fait jamais assez dans la retenue sexuelle, et qui a toujours peur que son partenaire n’en fasse jamais assez, lui aussi

 


 


 Les symptômes d'action duelle


 

1 ) le symptôme dans les relations de maîtrise dyadique : la crise d’enfermement intime impulsif  [3]

Le sujet présente des tentatives irrésistibles de fuir tout extérieur commun à la dyade, pour s’enfermer dans une intimité exclusive, isolante et pénible ; même si le partenaire se laisse forcer à le suivre, cela laissera le couple malheureux

2 ) le symptôme dans la relation à soi-même : le déchaînement du « moi discret »  [4]

Le sujet présente des comportements impulsifs moteurs de rejet, comme des fugues impulsives, des tentatives de suicide inexplicables, des envies de meurtre de proches, des tics de rejet incoercibles, des comportements répugnants ou menaçants involontaires, des fausses personnalités par éclipses...

3 ) le symptôme dans les relations sociales : l’exclusion sociale incoercible [5]

Le sujet se transforme en déchet social, en devenant irrésistiblement quelqu’un de fondamentalement inadapté et inutile, sans valeur pour les autres, se plaçant à l’écart et rejeté par eux

4 ) le symptôme dans les relations sexuées : le lâchage sexuel impulsif  [6]

Le sujet présentera des éjaculations précoces, ou des jaculations inappropriées, gâchant tout plaisir d’action sexuelle productrice

 


 Résumé de la clinique de la névrose :


 



 

type de relation en jeu fixation en réactivité ternaire symptômes d’action duelle
relations de maîtrise dyadique angoisse de fond enfermement intime impulsif
relations à soi-même exagération réflexive cognitive déchaînement du « moi discret »
relations sociales hypermoralisme social exclusion sociale incoercible
relations sexuées souci incessant de vertu et jalousie sexuée lâchage sexuel impulsif

 


 


Popularité :
10688 lecteurs le 01/12/2013


[1 Cela ne veut pas dire que nous accordions une autonomie « énergétique » à cet inconscient, qui est composé de « signifiants » du Réel externe ou interne au psychisme considéré, lui, comme une interface.

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