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Lettre ouverte à mon oncle le pédophile

D 2 décembre 2003     H 10:40     A Elodie     C 0 messages


Note : Cette lettre est, bien sûr, « anonymisée » afin de garantir le secret des protagonistes - elle nous a semblé révélatrice des dégâts que peut accomplir une démarche incestueuse, ici rendue encore plus sombre par la profession du pervers, mais ce n’est en aucun cas stigmatiser la profession de celui-ci - nous pensons même que les passages à l’acte en question y sont particulièrement rares. Toutefois, soulignons combien sont redoutables ces actes commis par ceux qui, à plusieurs titres, incarnent la fonction de représentant de la loi

 


 

Bonjour,

Ce courrier pour venir aux nouvelles et surtout pour vous en envoyer. Vous devez vous demander pourquoi je vais vous écrire tout ça ? Ma réponse sera que les timbres sont moins chers que les psy ! Donc, je vais tout détailler.

Commençons par Julie, ma chère soeur démolie par le geste pédophile et par le remords, pensant que c’est de sa faute . Et oui, la victime est toujours
plus « séquellée » que « LE COUPABLE ».

Lors d’une belle soirée entre copains en ville, il y a 3 ou 4 ans, j’oublie mes cigarettes . On me ramène chez moi pour les récupérer, et là : réunion de famille . Ma mère est dans un état lamentable . Je m’inquiète car elle était sortie de sa dernière dépression causée par Sébastienne . Et j’apprends qu’une autre personne que votre fils Maxime a abusé de ma soeur . Mais là, ce n’est pas un adolescent : c’est mon cher oncle ! Alors, sans me douter que NOTRE VIE sera à l’avenir dans le malheur, je pars dans mon jeune âge pour me saouler et là, je tape sur tout le monde ! C’est génial ! En plus, on ne peut pas me faire trop de mal « physiquement » puisqu’à l’époque j’étais une gamine !

Julie était si petite, si fragile...mon Dieu, tu ne peux pas savoir la maturité que tu l’ as obligée à acquérir. C’est terrible de voir une enfant qui sera toujours vieille ; ça fait vraiment une drôle d’impression . Passons sur la plainte puisque vous saviez déjà qu’elle serait classée sans suite, car vous pouvez abuser à volonté des enfants en tant que gendarme ! C’est à croire que les pédophiles vont devenir gendarmes ! Comme ça, ils ne seraient pas trop frustrés sexuellement !

Donc, l’année de 6e au collège pour Julie n’a pas été le top ; elle devenait sauvage ; elle avait peur des adultes qui lui avaient fait tant de mal dans le
passé ; elle avait peur de la foule, du rassemblement des élèves . Complètement déboussolée, quoi ! Elle a perdu cette année-là d’instruction . Ma mère et mon père décident alors de changer Julie d’école . Ils ont trouvé un bon collège avec des enfants en difficulté qui sont pour la plupart très gentils car tous ont leurs problèmes . Assez matures pour certains comme Julie, assez immatures pour d’autres . Un jour, le collège appelle mes parents pour leur dire que Julie est à l’hôpital ; les pompiers sont venus la chercher ! Julie est tombée dans les pommes, elle a fait un malaise . Mais pourquoi ? Ensuite, I.R.M., scanner, hôpital de M. , les meilleurs médecins... Conclusion : Julie est en bonne santé physique et en bonne santé morale ( n’oublions pas qu’elle est suivie par des psy depuis toute petite ) . Les docteurs disent que tout va bien .
Le temps passe . Julie retourne en cours, et houp, le téléphone sonne encore ! Les pompiers et tout et tout...Julie est encore dans les pommes mais les yeux ouverts !!! Voici maintenant l’année scolaire de 5e pour laquelle il n’y avait pas une semaine sans « CRISES ». J’aurais aimé que vous ayez pu voir à quelle allure cela a progressé, car ce n’est pas évident à décrire !

Pour le début de sa 4e, ma soeur est allée en MFR dans mon lycée préféré . Elle n’a pas trop fait de crises, mais elle ne pouvait pas vraiment penser à « ses problèmes » à ce moment là , car mon grand père est tombé malade. Nous passions nos journées à l’hôpital. Julie, grâce, à sa maturité imposée, a su à ce moment là, mettre son passé ( avec lequel elle vit ) de côté . Pour une courte période, je vous rassure ! Car peu de temps après le décès de mon grand-père, Julie est venue passer quelques jour chez moi avec
ma mère . Et là, j’ai assisté à une crise . Mon Dieu ! mais pourquoi une si jolie jeune fille, si gentille et serviable peut-elle entrer dans un tel état ? J’écoutais tout le temps sa respiration ; je venais juste d’assister au décès de mon papi, pour lequel la respiration s’était arrêtée . J’avais si peur pour ma soeur, j’avais si peur ! Je l’ai toujours crue, je ne lui en ai jamais voulue et c’est pareil pour mes proches . Pourquoi le coupable s’en sort toujours mieux que la victime ? Pouvez vous me le dire, vous, monsieur le gendarme, ou son fils ? En connaissance de cause vous pouvez certainement me le dire !

Il y a eu énormément de crises depuis, avec toujours de nouvelles dépressions pour ma mère . Un jour, il y a eu une très belle chanson qui est sortie : « Mon frère » des dix commandements . Vous devriez voir dans quel état ça l’a mise !

En ce moment, je déménage . Je reviens pour soutenir ma « petite » famille. Julie a une copine qui habite près de ma future maison, alors, pour soulager mes parents, je leur ai proposé de m’occuper de Julie et de la ramener chez elle. Sa copine est venue la chercher vers 16H30 avec un copain . Moi, j’ai passé une super après-midi avec ma meilleure amie et nos enfants . Vers 18H15, je vois un motard qui saute mon portail sans quitter son casque . J’attrape ma petite et je la cache . J’ai si peur ! De toute façon, je vis dans la peur. C’est le
copain de Julie . Celle-ci fait une crise chez sa copine ; il y a les pompiers et le SAMU. Alors, j’y vais vite avec mon poupon qui ne doit pas assister à ça, mais je n’ai pas le choix . Heureusement, la mère de la copine est gentille et elle s’occupe de ma petite . J’arrive dans la pièce où ma soeur fait sa crise,
mais cette fois entourée de médecins, de tuyaux, de fils, de boites qui font du bruit. Elle, le corps tremblant qui donne des coups dans tous les sens, les pompiers qui la tiennent de toutes leurs forces . Elle était SUREXCITEE, pleine d’agressivité . Je suis vite allée près d’elle ; je lui ai caressée les cheveux, elle a entendu ma voix et son CORPS s’est calmé. Durant sa crise, elle devait sûrement entendre des voix d’hommes et, de plus, qu’elle ne connaissait pas. Le SAMU l’a emmenée à l’hôpital. Cette crise n’a pas été trop longue, seulement 5 heures . Ce soir là,nous avons appris un nouveau truc : durant ses crises, elle
est en coma 4 ! C’est fou, à 14 ans, d’être dans un état pareil. En tout cas , on sait que ce n’est pas pour rien.

Le lendemain, dimanche, on se réveille tous de bonne humeur . Sauf Julie ; elle est épuisée physiquement et moralement. Alors avec mes parents et ma fille, nous allons à la brocante . Dès notre retour à 12H, Julie est lavée, maquillée, mais elle fait une drôle de tête. Nous apprenons que votre père ( et celui de ma mère aussi ), est venu . Il paraît qu’il voulait voir mon père ! Il a donc dit à ma soeur très gentiment qu’il faudrait qu’elle revienne dans cette famille ( la vôtre) pour dire la vérité ! Donc ma mère, mon père et Julie sont de suite allés chez le vieux pour dire la vérité
que vous connaissez mieux que moi . Julie est revenue, mes parents sont restés pour parler. Et ma petite soeur ( qui venait encore une fois d’affronter son passé, de parler dans le vent, d’avoir sa parole remise en doute, comme d’habitude ), a recommencé une crise . J’étais avec la femme de mon frère, alors à nous deux,
nous essayions de la sortir de sa crise. Mais elle s’est raidie, puis ramollie ; elle bavait, la respiration était
irrégulière . Avec Corinne, on l’a déposée sur le sol, mise en position de sécurité et j’ai téléphoné à mes parents qui sont vite venus . Mais cette fois, accompagnés de mamie et de son mari . Quand j’étais au téléphone, Corinne était avec Julie qui s’est mise à bouger dans tous les sens ! En m’attendant, Corinne lui
tenait le visage, les bras et le buste pour éviter que Julie se blesse . Car toute la violence qu’elle a depuis son « ABUS » ressort pendant ses crises .

Pendant ce temps, ses jambes tapaient de partout. Corinne a été éjectée, car Julie n’est plus comme nous dans ses crises ; elle présente une force
« surhumaine » ; alors, je suis vite arrivée pour lui tenir les jambes, un peu trop tard, car ses pieds étaient pleins de bleus et de sang . Mais ça, elle ne le
sent pas pendant une crise ; c’est juste après qu’elle a mal, je veux dire mal physiquement, car le moral souffre avant, pendant et après la crise . Mes parents sont enfin arrivés et mon frère aussi ; nous étions 4 pour tenir Julie afin qu’elle ne se blesse pas . Mamie la rassurait face à son visage . Le vieil homme était
pétrifié ; il ne pouvait plus bouger. C’était la première crise à laquelle il assistait . Bienvenue dans notre malheur ! Bien sûr, nous faisions un relais pour
garder nos enfants, qui, fort heureusement, n’ont jamais assisté à une crise. Ça doit être traumatisant pour des bébés. Et puis, ce n’est pas notre genre de
faire du mal aux enfants, que ce soit physiquement ou moralement . Sur cela, nous ne nous comprenons pas ! Nous n’avons pas appelé les pompiers, car il n’y a rien a faire ; on ne peut qu’attendre que la crise se termine . Cette crise n’a pas été trop longue, environ
5 H . Julie s’en est sortie avec beaucoup de bleus et de coupures.

La même journée, elle avait un rendez vous et pour lui changer les idées, je l’y ai emmenée . Elle vit, malgré son malheur ! Heureusement que c’est une fille formidable et qu’elle a beaucoup d’amis . Et toujours le dimanche, donc hier, avec ses amis, elle a refait une crise . Alors rebelote ! Pompiers, hôpital le
plus proche, mais cette fois-ci, ils l’ont transférée dans un grand hôpital, car la crise a été longue !

Moi, je suis rentrée dans ma future ancienne maison . Je continue mon déménagement et mon père m’a laissé un message désespéré pour m’expliquer que Julie est encore hospitalisée, pour plus longtemps cette fois, car ça devient grave .

J’ai téléphoné à Julie, vers 12H aujourd’hui ; ces connards, ils l’ont choutée, elle est sous perfusion ! A 14 ans, CELA ME REVOLTE . Donc, je n’ai pas pu lui
parler longtemps et maintenant, j’attends qu’elle soit mieux . Corinne a eu mon père au téléphone, elle lui a demandé de parler à ma mère, mais elle n’a pas pu le faire, elle est trop écroulée ! Je n’ose même pas imaginer l’état de mon père qui pourtant est un dur. Mais là, dur ou pas, on est détruit !

Julie fait des crises de SPASMOPHILIE, ça ne se soigne pas physiquement, ça se soigne moralement . Il n’y a qu’elle ou un déclic qui peut la soigner .

Alors, ce courrier pour vous remercier, car je suis polie et pour vous détester, car je suis démolie . Voir ce petit bouchon abattu par des mains sales d’un
homme que je ne peux pas mépriser, car je ne peux que le maudire.

Alors vous voyez, cher oncle, nous attendons le DECLIC pour sauver Julie. Personne ne peut savoir ce qui nous attend demain, personne . Sûrement des larmes, mais bon les larmes deviennent banales ces derniers temps !
C’est fou ce qu’un geste de merde peut détruire comme monde, on ne se rend pas compte ! Et les psys disent que les choses trop dramatiques sont oubliées ! C’est génial pour le coupable qui vit une vie calme et paisible ! C’est injuste, mais de toute façon, nous n’avons pas le choix . Il s’agit de subir et d’attendre .

Je maintiens le secret envers ma belle-famille, car mon beau-père a le cœur sur la main . Il a trop tendance à vouloir s’investir et puis il connaît plus de choses que nous, car c’est un homme de loi . Il voudrait trop en faire, c’est tout de même à Julie de décider quand se fera sa justice et pas aux autres ! Il faut dire que Julie n’a pas trop le temps d’y penser dans ses comas.

Voici l’histoire d’une enfant qui aura vécu de la naissance à l’âge de 4 ans environ ! Je pourrais vous écrire des heures pour détailler les malheurs de chacun d’entre nous. Mais le plus important c’est Julie, votre nièce à qui vous avez offert des années de psy et de comas !

Elodie .


Une lettre récente d’Elodie :

Cher Psy,

Je dois vous remercier une fois de plus, pour tout le temps que cela a dû vous prendre. Vous avez été la première personne à nous consacrer du temps . La
pédophilie en France est punie. Quand il s’agit d’un gendarme, apparemment ça ne l’est pas . Julie va beaucoup mieux, elle ne fait plus de crises ; elle a décidé de
recontacter des avocats . C’est une affaire très difficile . Et puis il faut de l’argent, mais nous y arriverons tous ensemble contre lui et sa famille . Si vous connaissez des bons avocats qui peuvent aider Julie, ou un contact qui pourrait nous aider, je vous serai reconnaissante de me parler de cette personne .

Encore merci,
bien à vous,
Elodie


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