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Articulation clinique : la névrose dans les relations sexuées et les symptômes de lâchage pénible en rapport

D 10 septembre 2004     H 13:32     A Louÿs Jacques     C 1 messages


 

 

Dans une relation sexuée, pour une personne donnée, quelqu’un d’autre peut présenter un « objet » à désirer et à incorporer. Cette personne devient, par là, un « sujet » en proie à sa tension de « manque » vis à vis de l’autre. C’est une conception « orale » de la sexualité, où un « sujet » naît de cette relation d’« objet » sexuel que porte « l’autre » pour lui.

Mais, l’autre de la relation peut, aussi, servir à soulager le sujet d’une tension interne. Cet autre facilitera, comme prétexte ou comme aide actif, la sortie du corps du sujet de ce qui devient un « objet », par une expulsion. Cette deuxième façon de faire, nous montre le sujet en proie à son envie de production sexuelle. Elle est dite « anale », parce que l’orifice anal, ses tensions et ses rejets, sert de modèle aux autres orifices du corps. Et, c’est le sujet qui est source de l’objet dans ce cas. C’est lui qui produit, qui crée l’objet.

Notons que les termes de « désir » (oral) et d’« envie » (anale), sont artificiellement séparés, pour notre propos, comme termes techniques cliniques, afin de faciliter l’exposé de ces notions.

 


 

 La conception « anale » de la sexualité

 


 

Dans le modèle « anal », l’équilibre est à trouver entre des plaisirs contraires :

  • d’une part, il y a la localisation d’une tension interne en émergence, par une envie sexuelle qui se dévoile et que le sujet à plaisir à localiser en des endroits choisis, en des organes centrés sur un orifice corporel,
  • d’autre part, il y a le soulagement de cette tension par un autre plaisir, celui du rejet corporel dans un extérieur qui n’a pas besoin d’être aussi localisable (qui peut donc être variable).

 


 

Ejaculations et jaculations diverses vers le dehors, depuis le mot doux jusqu’à l’accouchement du bébé, en passant par les diverses productions de la « relation sexuelle », vont servir à la création de la jouissance sexuelle, plaisir vibratoire, oscillatoire et délicat, s’il ne se dérègle pas. Toute clinique de la relation sexuée est une clinique des atteintes de la jouissance, une clinique des atteintes de cette oscillation de plaisirs contraires.

Il y a possibilité d’une clinique à ce propos, car ces types de relation sexuée ne sont pas forcément très équilibrés :

  • un refoulement primaire d’un élément de l’oscillation peut se produire ;
  • un retour du refoulé sous forme de symptôme peut apparaître ensuite avec la note douloureuse qui le caractérise ;
  • puis des modes de défense divers peuvent se cristalliser pour lutter, le plus possible, contre une nouvelle émergence du symptôme et de sa pénibilité, dans un refoulement secondaire et volontaire auquel colle le sujet.

En ce qui concerne la clinique de l’ « envie sexuelle », nous retiendrons qu’elle comporte logiquement deux tableaux principaux :

  1. le premier tableau montre l’atteinte défectueuse du plaisir de tension et de montée de l’envie, pouvant être remplacé par un symptôme de mise en rétention douloureuse, lui-même source possible de défense pathologique par une production fantasmatique ; voir l’article Articulation clinique : symptôme d’amour raté et fantasme défensif
  2. le deuxième tableau, que nous allons développer ici, en est le contraire : c’est le plaisir de soulagement qui manque d’abord ; le symptôme se dévoile, ensuite, dans une production sexuelle ratée et douloureuse, comme symptôme de lâchage pénible ; finalement, le moyen de défense correspondant se caractérise par une volonté de rétention démesurée : la névrose sexuelle.

 


 

Les causes de ces dérèglements sont, comme toujours en clinique, de fond (y compris génétiques et développementales) et de circonstance, à apprécier dans chaque cas particulier.

 


 

 1 ) Le symptôme de lâchage pénible

 


 

Après un temps d’incapacité de production sexuelle et de manque de plaisir à ce propos, un sujet se retrouve avec un lâchage impulsif et inapproprié au contact de l’autre. Ce lâchage peut prendre des formes diverses dans les deux sexes :

  • éjaculations précoces et privant le sujet du plaisir escompté, par « trop d’excitation » ;
  • jaculations trop grossières ou trop ridicules pour l’autre et gâchant le plaisir de la relation : gros mots impulsifs, pets foireux, cris effrayants ou comiques ;
  • production sexuelle dans des formes régressives de la sexualité alors que le sujet ne le voudrait pas vraiment, ou ne le supporte pas du tout : homosexualité, bestialité, fétichismes divers, sexualité de groupe ;
  • rapports sexuels devant toujours se passer hors « organes sexuels », par exemple par l’anus ou par masturbations, ou hors période de fécondité féminine, ou par rapports illégitimes et ne pouvant permettre une fécondation reproductrice, ou nécessitant une mise en scène ridicule...
  • troubles divers de la grossesse et de l’accouchement.

 


 

Ce qui sera remarquable : la recherche impulsive d’un partenaire qui, inexplicablement, favorisera de tels ratages au lieu de faciliter la manœuvre.

 


 

 2 ) La névrose sexuelle :

 


 

Pour se défendre de telles mises en situation pénibles, le sujet peut devenir un « parangon » de vertu, en s’arrangeant pour que les moments de détente et de soulagement sexuel ne puissent arriver. C’est la névrose de caractère sous sa forme sexuelle.

Son partenaire sera maintenu forcément dans la même rétention. C’est souvent lui, d’ailleurs, qui demande de l’aide. Contrôler la mise en situation amoureuse, contrôler sa position morale, contrôler la vertu de son partenaire, ces contrôles vont devenir la principale et bientôt la seule préoccupation réelle du sujet. Plus de relâchement possible, ni pour lui, ni pour l’autre, dans ce moyen de défense contre le symptôme de lâchage sexuel. Il n’y a plus que des preuves et des témoignages à fournir de la réalité amoureuse instituée et respectée. Il n’ y a plus que la recherche de la moindre source suspecte de tentation personnelle ou de trahison potentielle de l’autre, par une jalousie irrépressible et infernale.

Le jaloux névrosé a bien conscience d’exagérer ses suspicions. Cela le différentie du jaloux délirant qui ne peut douter, lui, de ses interprétations. Mais, c’est aussitôt pour affirmer qu’il ne peut s’en empêcher car, en réalité, il tient à son moyen de défense par dessus tout. Il ne veut surtout pas avoir à se remettre en question. Il sera donc envahi des problèmes de sa propreté morale, mais encore plus de la propreté morale de l’autre, qu’il contrôle forcément moins bien que lui !

 


 

La réapparition de lâchages calamiteux, qui s’emballent au contact d’un autre de plus en plus extensif et anonyme, signera l’échec de la défense névrotique et l’effondrement de la structure psychique du sujet :

  • tics grossiers en société,
  • soudaines pertes anales, urinaires ou salivaires au sortir du domicile,
  • clins d’oeil impulsifs et racoleurs tous azimuts etc.

 


Popularité :
13672 lecteurs au 01/12/2013

1 Messages

  • je soigne mes névroses avec le sex, l’homme est mon objet de désire , j’aime changer de partenaires et actes sexuelle . suis- je nymphomane ?


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