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La danse sexuée, l’âme, l’esprit de la danse

D 15 août 2012     H 11:19     A Louÿs Jacques     C 0 messages


L’âme, quand elle est en phase avec « l’esprit », danse.

 

 


 Les quatre pôles de la relation sexuée


 


 

Les quatre secteurs de la figure sont des pôles réverbérants constitutifs de la vibration psychique. Ils se déclinent selon les quatre pôles de la logique tétravalente. Cette logique à quatre pôles, moins réduite que la logique aristotélicienne habituelle, a été décrite sur le site selon la formule positive de l’ainséïté : ainsi / non-ainsi / ainsi et non-ainsi / ni ainsi ni non ainsi. Voir, par exemple, l’article : Le modèle oscillatoire de la réalité psychique : un modèle trans-niveaux. Cette formule évite de poser, en français, une première déclinaison « non-ainsi » de la proposition « ainsi » selon une formule verbale de la lignée d’avoir ou d’être et de se retrouver, tout de suite, dans le symbole. Cette formule peut être commune à tous les registres relationnels psychiques utilisés ici, y compris la relation sexuée.

La logique tétravalente, base fonctionnelle du psychisme, donne à l’humain les moyens de sortir de la conception exclusive d’un monde entièrement ternaire, c’est à dire organisé, structuré et donc prévisible. La ternarité concerne les deux pôles du dessus de la figure. Cette logique nous permet, aussi, de sortir de la conception, duelle, d’un monde complètement aléatoire, spontané et singulier, auto-organisé. La dualité concerne les deux pôles du dessous. Voir aussi l’article : Logique non-A et psychisme. En logique tétravalente, les propositions « ainsi » et « non-ainsi » sont ternaires, à trois éléments en relation. Les propositions « ainsi et non-ainsi » et « ni ainsi, ni non-ainsi » sont, elles, duelles, à deux éléments en relation.

 


 

Une des illustrations de cette constitution téravalente psychique est celle de la relation sexuée. Comme il manque des termes en français pour indexer cette déclinaison, ternaire ou duelle, des différents pôles de la relation sexuée, je récupère des mots grecs à cette fin. Je nomme ces pôles de la manière suivante, en décrivant leurs relations / oppositions préférentielles , Eros / Ataraxie, Agape / Philia :

 


 

  •  EROS , du grec ancien Ἔρως. Eros, c’est l’amour comme désir créateur. C’est le pôle logique de l’AINSI, c’est à dire de la quiddité ou forme substantielle d’Aristote, qui était toujours à la recherche de principes stables. Cette notion est aussi utilisée dans le bouddhisme sous la forme du tathâta, caractère de ce qui est « ainsi », « tel que c’est ». Les bouddhistes du Grand véhicule, qui connaissent bien la logique tétravalente, s’en servent pour décrire l’illusion de la substance, puisque tout est renvoi relatif entre pôles. Aucun pôle, en effet, n’est stable en lui-même. Il ne sert que de pôle de réverbération, utile à la vibration de la jouissance, sauf dans l’illusion de la construction des modes de défense. Ce pôle de l’EROS est ternaire, avec l’un, l’autre, et le manque de l’autre.
    C’est vrai, même dans le cas où ce manque est bien précautionneux, comme fétiche, comme « objet » de désir, comme morceau à s’emparer porteur de vide. La création désirante passe toujours par la création d’un manque de l’autre, résultant de la réduction opérée. Ce n’est pas simplement découvrir un manque. Le manque ne pré-existe pas. Il résulte de la constitution de ce pôle psychique. EROS réduit la multiplicité potentielle de l’autre en un autre unique qui va, du coup, dévoiler un manque. Ce manque est celui de la réduction de la multiplicité potentielle dans la localisation de l’autre. EROS, en acte, manifeste la réduction possible de la totipotence originale. L’attirance de l’autre résulte de la force de captation de ce pôle psychique de l’ainsi. Ce n’est pas la force d’attirance d’un manque qui fonctionnerait comme un aimant. Cela, c’est justement l’illusion portée par le précautionneux fétiche et divulguée par les sexologues. Même de l’indexer, comme Lacan, de la lettre « a », ne permet pas de se désengluer assez du risque du fétiche, comme illusion d’un possible objet de désir. C’est devenu un lieu commun de parler d’objet du désir amoureux. Ce n’en est qu’un des aspects bien particulier, qui est celui de la construction du fétiche. Cela montre combien le fétiche est déjà un voilement du pôle de « l’ainsi » et de ses risques corrélatifs de collage. Voir l’article : La nature du fétiche sexuel. Que le lecteur garde au moins cela de la lecture de cet article et qu’il puisse se dégager de cette ânerie sexologique de la métaphore de l’objet-aimant du désir !
    La jouissance est ce qui permet au psychisme de ne pas se bloquer dans la création de ce pôle psychique d’EROS, par une instabilité foncière, nécessaire à ne pas tomber dans le piège de la fixation polaire. EROS ne peut aller sans ATARAXIE, son pôle opposé, comme nous allons le voir. Sinon, apparaît le chemin de la clinique, où EROS réifié se confond avec la « volonté de puissance » perverse.
  •  PHILIA , du grec ancien φιλία, l’amour amitié. C’est l’admiration amoureuse unitaire. C’est la déclinaison de EROS, comme une lecture admirative l’est d’un acte créateur de l’autre. C’est le pôle du NON-AINSI, qui est une réduction supplémentaire du précédent et non une annihilation de EROS. PHILIA n’est pas un opposé fonctionnel de EROS, mais une négation logique de celui-ci, par la négation de son manque. C’est aussi un pôle ternaire, car cette idéalisation nécessite l’un, l’autre et les raisons de l’admiration de l’autre. Le manque de l’autre y devient un « plein » admirable. PHILIA, c’est la plénitude de l’autre comme réduction supplémentaire et, non pas comme retour au réel non-réduit. On ne retourne pas à la multiplicité originale, on y oublie cognitivement le manque de l’autre. Comme pôle psychique, il manifeste les mêmes risques de collage. L’autre y devient alors une idole fascinante, comblante, source d’une dévotion sans faille, puisque le manque y disparaît. Sans la jouissance psychique et l’existence d’AGAPE, son opposé logique, il peut devenir, lui aussi, un piège enfermant. C’est le piège névrotique du « non ! ». Non, l’autre ne manque de rien ! L’admiration y devient totale et délétère.
  •  AGAPE , du grec ἀγάπη, l’amour de l’autre comme don sans retenue, sans frein, gratuite, sans recherche de réciprocité. C’est le pôle de l’AINSI et NON-AINSI, qui conjugue apparence de la quiddité avec disparition contingente. Cela apparaît comme plénitude à faire disparaître dans le don à l’autre. C’est aussi découvrir la béance de l’autre à combler aussitôt. Il s’agit du vrai opposé fonctionnel du précédent, car ce pôle s’oppose le plus complètement au « non-ainsi ». En effet, l’association logique d’EROS et de PHILIA, renforcée par un tel mariage, empêche le plus PHILIA de se désunir d’EROS. C’est un pôle convenu à l’amiable entre EROS et PHILIA ; il reste dans la dualité. Le don amoureux à l’autre d’AGAPE est gratuit, à la fois comme création du manque et plénitude de l’amour. Il n’y a pas nécessité de règles précises pour cela. C’est comme lorsqu’un cadeau est donné ou reçu. L’important, c’est le geste, pas la nature du cadeau. Toutefois, sans la vibration de la jouissance, sans son pôle opposé de PHILIA, AGAPE peut devenir, lui-aussi, un pôle absolument captant, le don à l’autre ne devenant jamais assez total et suffisant. L’aliénation d’AGAPE se résume à donner sans cesse à l’autre, même s’il n’y a plus aucune admiration.
  •  ATARAXIE , du grec ἀταραξία, absence de troubles, quiétude. La quiétude, dans l’amour, est la paix du partage émotif complet avec l’autre. C’est le pôle du NI NI, le « ni ainsi ni non-ainsi ». C’est le vrai contraire logique d’EROS sur le schéma, le pôle de l’extinction du désir. Une plage de réalité persiste, hors de la réduction érotique de la réalité sexuée. Comme c’est le pôle logique le plus opposé à EROS, il devient fonctionnellement « l’autre » privilégié de celui-ci. C’est aussi un pôle duel, celui de l’amour sans raison, sans admiration et sans manque (et sans don à l’autre) : un même amour, hors de tout. C’est Psyché endormie, par feinte, comme si EROS ne devait pas d’arriver [1]. ATARAXIE peut donc, elle aussi, devenir un pôle psychique absolument bloquant, si son sommeil est un peu trop lourd, si EROS n’arrive pas pour de bon. Alors, au cœur de son sommeil profond, Ataraxie rêve qu’elle est éveillée et même, parfois, qu’elle est Eveillée. Mais, elle reste immanquablement dans la dualité. Heureusement, la jouissance fonctionne, même dans la nuit obscure. ATARAXIE ne peut jouer son rôle de pôle de renvoi vibratoire, comme les autres pôles psychiques de la relation sexuée, que si EROS veut bien arriver à se manifester.

 


 L'orgasme


 


 

Les quatre pôles d’attachement, sources potentielles de la clinique, se transforment en pôles de réverbération dans la jouissance psychique. Cela éteint le lien entre plaisir polaire de fixation et douleur de l’échec, pour le remplacer par le lien jouissance / souffrance du psychisme. Les deux flèches obliques du schéma indiquent les oscillations préférentielles de la jouissance, selon deux vibrations privilégiées entre pôles ternaires et pôles duels. Ce sont les opposés logiques les plus marqués. Chacun, du couple amoureux, va occuper un pôle vibratoire de la relation sexuée, dans une sorte de dimension intermédiaire. Un psychisme commun va s’établir, dans une danse jubilatoire. La jouissance afférente va pouvoir persister à la rupture de cette danse, dans ce que l’on appelle l’orgasme. C’est un fantôme rémanent de la jouissance, survivant un bref moment après la perte de la danse, par inertie. L’orgasme sexuel peut permettre de se rendre compte de l’existence de la jouissance, sous cette forme fantomatique, mais c’est une reconnaissance paradoxale, qui se réalise quand la relation s’estompe, quand la tension de la danse se dissout. L’orgasme pourrait faire croire à une autre réalité possible, qui serait celle d’un au-delà jouissif du monde, persistant malgré tout. Il est important de ne pas commettre cette erreur, par une espèce d’hédonisme radicalisé, ascétique, qui aboutirait à rechercher la possibilité d’un orgasme réifié.

Pas de possibilité psychique d’orgasme réifié, chosifié, concrétisé, permanent, établi !

La jouissance dépend bien de la relation dansante des amants et non de sa perte. C’est un point important, car cet hédonisme radicalisé est au cœur de l’idéologie du monde contemporain, ce monde « globalisé », technicisé, d’aujourd’hui. Il est un leurre fondamental de la fuite en avant de la techno-science. Croire en un toujours au-delà de la jouissance bute maintenant, carrément, aux limites biologiques et écologiques de notre planète. La jouissance reste bien en-deça et non au-delà des pôles de fixation du psychisme. Ne pas comprendre cela emmène les humains au bord de la catastrophe. C’est le fondement de la crise morale et concrète actuelle des habitants de la Terre. Aucune machine prothétique orgasmique n’est possible, de la drogue la plus psychédélique aux machines à stimulation magnétiques transcrâniennes pulsées les plus raffinées, transposition moderne des sextoys.

 

 


 L'âme, l'esprit, la clinique


 

L’âme, l’esprit existent dans la danse du psychisme et pas ailleurs. En utilisant ces termes anciens, je dirais que les pôles logiques de l’Ainséïté et leurs applications dans les différentes relations humaines - ici la relation sexuée - déclinent la fonctionnalité de « l’âme », quand elle est en phase avec « l’esprit », qui la fait danser. C’est alors qu’elle est le respirant du nèphèsh hébreux, le souffle de vie de la psukhê grecque, l’anima latine, le Tathāgata bouddhique (tatha-gata = ainsi allé ou tatha-agata = ainsi venu). Il faut admettre que ce n’est pas l’âme, en elle-même, qui possède les propriétés de la danse. Cette compréhension est bouleversante pour qui a le courage de l’approcher et de ne pas céder à ce psychologisme hédoniste, qui envahit totalement (ou presque), la pensée contemporaine. L’esprit est ce qui empêche toute fixation « plaisante » à un pôle psychique de durer. Son action déstabilisante provoque toujours, en cas de trop grande fixation, le symptôme, par le surgissement intempestif du pôle vibratoire opposé. C’est la fixation « plaisante » qui aboutit immanquablement au symptôme, oh, combien « déplaisant ». C’est ainsi que le trop de plaisir crée la souffrance, en commençant par la fixation à EROS réifié, au Désir en soi. ATARAXIE devient alors horrible, par un effet de retour du refoulé.

L’utilisation particulière de ces pôles, placés dans des renvois privilégiés, comme indiqués par les petites flèches oscillantes, nécessite, en effet, l’intervention supplémentaire d’un facteur intrinsèque. Appelons celui-ci « l’esprit », pour nous demander ce que cela peut bien être ? L’esprit peut être vu comme une habitude déstabilisante particulière du fonctionnement de l’âme, âme que je définis par les articulations inconscientes du processus primaire décrites par S. Freud. C’est un fonctionnement oscillant, un peu étonnant, vu qu’il ne découle pas directement des règles de la logique tétravalente, sans, toutefois, s’opposer à elles. C’est un patron de comportement, un modèle effecteur, une habitude oscillante, par des oscillations pseudo-régulières qui privilégient au maximum les contrastes logiques tétravalents. L’esprit persisterait, au travers de toutes les distorsions fonctionnelles de l’âme, pour faire remarcher celle-ci de façon vibratoire, entre pôles déterminés, par là, comme opposés. L’esprit est, au fond, un artifice permanent. Il bouscule ce que la logique mathématique des pôles de la logique tétravalente peut fournir à première vue. C’est ce qui déstabilise l’âme en cherchant à la faire fonctionner au maximum de contraste.

Il faut contrer les prétentions des efforts permanents des matérialistes de toutes les époques, dans leurs insistances pour travestir la jouissance en plaisir hédoniste polaire banal, source de symptôme, ou, par hédonisme radicalisé, en croyant aux fantômes de la possibilité des orgasmes infinis par des ascèses radicales. A chacun de devenir un Bouddha ou un transfiguré, en quittant son palais des plaisirs et en arrêtant les ascèses éprouvantes et imbéciles.

S’il n’y avait pas l’esprit et son pattern vibratoire, l’âme se bloquerait spontanément par la prédominance de l’un ou l’autre pôle, le long de ses réductions successives. Elle perdrait sa capacité vibratoire intrinsèque et sa jouissance inhérente. La clinique est, fondamentalement, une pathologie de l’âme, quand elle échappe à la conduite de l’esprit, par des attachements polaires trop collants. Il y a perte de l’influence de l’esprit assurant la vibration psychique. Ces attachements collants des pôles de la relation sexuée se résolvent en symptômes. Ces derniers nous montrent l’apparition forcée, involontaire et inefficace du pôle opposé à celui de l’attachement, selon le sens privilégié par les flèches obliques du schéma :

Cette clinique des crises symptomatiques, nous indique comment la résistance persiste. C’est la résistance passive des pôles logiques de l’âme et de leurs déblocages douloureux. La souffrance morale nous montre comment les symptômes sont des ratages malencontreux, en ce sens qu’ils ne sont que des déblocages imparfaits, incomplets, des pôles délaissés. Seule, la remise en route effective du pôle fonctionnel concerné par le symptôme, amènera une reprise vibratoire du psychisme et le retour à la jouissance d’ensemble. C’est vrai pour le fonctionnement oscillatoire des autre registres psychiques et pas seulement pour celui du registre sexué. La jouissance psychique globale est le corollaire de l’esprit, ayant réussi la remise en branle efficace des fonctions psychiques. L’âme reste limitée, elle, aux plaisirs d’attachement et aux souffrances des symptômes. Ce sont les tourments de l’amour. Ce sont aussi les tourments des autres registres du psychisme, tels que je les définis sur ce site. L’âme, en plus de son intervention dans les relations amoureuses sexuées, est au cœur des autres types de relations humaines pour une personne donnée : relations dyadiques, socio-langagières et narcissiques. L’empreinte éthologique de la dyade mère-enfant, créatrice des éléments du « processus primaire » inconscient, donne aussi les briques fonctionnelles de base des autres registres psychiques.

Bien sûr, le psychisme passe tout de même son temps à se bloquer. L’âme retourne, sans cesse, à l’inertie de ses pôles constitutifs, même dans la vibration de la relation sexuée. Cela résulte des lourdeurs de la génétique, des limitations de l’épigénétique, des traumatismes vécus et des mauvais choix de vie. L’esprit perd le fil de son action déstabilisante et la jouissance s’estompe ou disparaît. Toutefois, rien n’est perdu. Un jour, forcément, un symptôme surgit. Cela fait souffrir la personne, parce que la guérison est incomplète. Vivre une guérison ratée, c’est dur, mais c’est le rappel que la guérison peut exister. On peut mobiliser ses forces, afin d’y arriver. L’âme s’accomplira alors, en retrouvant l’utilité de l’esprit, au maximum de contraste. Elle y gagnera la conscience de sa démarche, dans une danse retrouvée avec l’autre de l’amour, dans un même esprit vivant. « Wo Es war, soll Ich werden ». Elle évitera, par là, par une démarche de guérison, le risque de s’effondrer complètement. Cet effondrement peut toutefois arriver si elle perd complètement le fil vibratoire de l’esprit. Une douleur incommensurable envahira la personne, que rien ne semblera pouvoir soulager. La douleur sera, alors, à son comble et peut devenir « chronique ». Mais, même là, l’influence de l’esprit peut reprendre et une renaissance psychique s’effectuer, tant que la mort corporelle n’aura pas frappée. C’est important de le dire et de le faire savoir à ceux qui sont plongés dans l’extrême de l’affliction. Voir, à ce sujet, l’article : Douleurs chroniques et souffrances corporelles insupportables.

 


 La danse sexuée


 

Revenons un peu à la danse sexuée qui est une espèce de clé de voûte finale de l’ensemble fonctionnel psychique. Quand j’incarne EROS, l’autre de ma danse est ATARAXIE. C’est EROS qui vient troubler Psyché endormie et Psyché devient ATARAXIE. Mais, oh, miracle ! ATARAXIE devient maintenant EROS pour moi. Je prends sa place et me laisse prendre par EROS. Chacun peut ainsi occuper un pôle pour l’autre, pourvu que l’autre se prête à la danse. L’alternance des pôles est naturelle, dans une même rencontre. L’âme-corps individuel ne s’y perd pas, mais chacun va se prêter à la danse et laisser l’esprit agir comme VIBRATION DE PARTAGE.

C’est la même chose pour PHILIA et AGAPE. AGAPE va chercher PHILIA admirable dans sa plénitude, pour réaliser des productions sexuelles, comme de faire un bébé avec lui, comme re-production, où AGAPE donne tout à l’autre, de « surcroît ». Et PHILIA va entraîner AGAPE à tenir l’idéal d’amour, entre personnes qui se respectent et s’admirent.

Chacun peut utiliser son âme-corps individuel à sa façon et selon ses possibilités de production, pour réaliser la danse. Là aussi, l’alternance des pôles est facile, quand la danse est réussie. Chacun peut se souvenir de danses particulièrement riches, où tous les pôles psychiques de la relation sexuée vont être occupés, à tour de rôle, par chacun. C’est la jubilation de l’esprit, réalisée dans les deux types de vibration. On y change d’investissement polaire, en permutant les rôles dans une même vibration. On y change aussi de vibration librement, afin de soutenir, au mieux, la danse et sa jouissance. Même si l’on bloque dans un type de vibration, on peut reprendre la danse en utilisant l’autre type vibratoire. C’est un grand avantage et une grande souplesse qui explique l’intérêt fonctionnel de l’esprit.

Les deux vibrations de la danse sexuée :

EROS <=> ATARAXIE
AGAPE <=> PHILIA

 

L’impossibilité de fonctionnement vibratoire de « l’âme » en elle-même, apparaît bien dans la formalisation par J. Lacan du « discours de l’Analyste », qui est justement la formalisation de la danse sexuée. « L’impossible » de la relation existante entre a et $, marque l’incapacité de ce discours à se suffire à lui-même.

Le discours de l’Analyste, selon J. Lacan :

 


 

« Il n’y a pas de rapport sexuel », disait Lacan. C’est vrai, car il n’y a pas de rapport dans la danse sexuée entre les âmes individuelles, le réservoir des articulations inconscientes des signifiants de chacun, selon la règle du processus primaire freudien. Or, la danse sexuée existe bien, ce qui fait que ce syntagme de Lacan laisse le lecteur souvent perplexe. C’est l’esprit qui permet cette danse. Il permet aussi, par une même danse logique, par une même résonance entre registres psychiques, l’articulation du discours sexué avec les autres « discours » lacaniens. C’est ce qui fonde la possibilité des autres types de relations entre humains, décrits dans les « registres » psychiques des articles de ce site. Ces registres relationnels sont des descriptions concrètes des « discours lacaniens » :

 


 


 L'immanence fonctionnelle du psychisme


 

Il est très important, hautement crucial, de ne pas prendre l’esprit pour un super discours, un méta discours, un Discours des discours. Délivrons-nous des dérives totalitaires des métaphysiques post-aristotéliciennes, qui nous conditionnent en Occident depuis 2500 ans ! Pas de « méta- » à envisager, dans l’immanence fonctionnelle du psychisme. C’est ce qui a entraîné l’échec de Freud dans sa deuxième topique, avec la création de la « métapsychologie ». Celle-ci a signé son retour à la pensée aristotélicienne et au mythe. Il a été lui-même le premier fossoyeur de sa découverte de l’inconscient humain et du processus primaire. Son manque de courage exploratoire a résulté, sans doute, de sa recherche de notabilité. Les conséquences de son échec continuent de secouer la psychanalyse aujourd’hui et l’empêchent toujours de prendre sa juste place scientifique. Cette catastrophe historique peut être heureusement dépassée, si l’on comprend ce qu’est l’esprit.

> Voir au sujet des manières de dériver dans un méta-discours, celui du mythe, l’article : Illustration clinique : le temps circulaire du mythe chez les Aztèques, y compris la note annexée : Note pour les psychanalystes lacaniens.

L’esprit est ce qui permet la vibration oscillante de l’âme et l’articulation au quart de tour des discours lacaniens. La danse sexuée ne se soutient que de cette articulation, qui fait intervenir tous les autres registres fonctionnels du psychisme en arrière-plan. Si l’on veut s’en faire une représentation, il s’agit plutôt d’un effet de fractale. Un changement d’échelle n’est pas le passage d’un niveau supérieur à un niveau inférieur. C’est toute la différence. Une démultiplication et désuperposition fractale ne fait pas intervenir une supériorité ou une infériorité quelconque. C’est une réduction, qui permet le fonctionnement oscillatoire des pôles psychiques dans une dimension intermédiaire, entre dimension ternaire et dimension duelle. Le quatre de la tétravalence ouvre, grâce à cela, le chemin à la ternarité et à la dualité des pôles fonctionnels. Les oscillations psychiques pseudo-périodiques ont un fonctionnement que l’on dit, aujourd’hui, « chaotique ». Ce terme se justifie, si l’on se rappelle que le terme Chaos veut dire la fente, la refente originaire.

 


 

On peut ainsi comprendre pourquoi la danse amoureuse est chaotique, au sens de la théorie du chaos. Cela rend son évolution imprévisible, tout en étant typiquement repérable, à qui veut bien être un peu attentif à cette relation.

L’esprit est-il la « potentialité » en elle-même ? Cette potentialité se décline, fractalement, dans les différentes figures des registres psychiques. L’organisation fonctionnelle des registres est tétravalente et leurs articulations se passent au quart de tour, selon la formalisation des quatre discours lacaniens. L’esprit découle du « cinq » nécessaire à sa propre réduction dans l’oscillation chaotique. Le « cinq » , c’est la  LOGIQUE TETRAVALENTE INSTABLE . C’est le plan de l’architecte, qui permet des constructions effectives, celles des différents registres. Ce n’est pas un « sur-registre ». Un plan n’est pas une représentation. Ce n’est pas la photo de la construction effective. C’est un préalable logique, totipotent et pouvant subir des réductions diverses. L’esprit est l’instabilité incluse dans ce plan de l’architecte. Cela évite de faire de la formule de la logique tétravalente une nouvelle idole, une figure psychologique. Sortir de la pensée mythique pour élaborer une conception fonctionnelle du psychisme, une conception scientifique, nécessite de comprendre cela et de faire très attention aux malentendus toujours possibles.

 


 Limites de cette conception


 

Le « visible » du monde, c’est ce que nous abordons, en les distinguant, dans les QUATRE registres fonctionnels psychiques et leurs doubles oscillations dialectiques. Ce qui nous est « invisible », c’est la logique tétravalente instable, en elle-même. C’est la pensée de la réduction qui nous permet d’envisager ainsi le CINQ, en « amont » du flux réducteur et pas en aval. A condition, bien sûr, de se placer déjà en amont du DEUX de la logique aristotélicienne, mais aussi du TROIS, du devenir tri-polaire de la matière-énergie de Stéphane Lupasco, qui n’a pu placer le pôle psychique du « ni ni » correctement, faute de connaître la logique tétravalente. Sa clinique est celle de cet échec.

Concevoir l’esprit comme un principe déstabilisant, évite de l’interpréter comme une « super-structure », du genre de celles développées par ceux qui se raccrochent aujourd’hui à la notion de périsprit, devenu trop réifié et imprudemment positivé, ou de corps éthérique trop « perçu », trop affirmé, afin de devenir monnayable. Cela en permettra, désormais, un abord scientifique.

Trouver la paix de l’âme, c’est, en fait, trouver la sérénité jouissive de l’esprit, quand il arrête de se prendre pour ses collages aux pôles logiques de l’âme ; ces pôles révèlent alors leur vraie nature de pôles de réverbération ; lire, à ce propos, les premiers sûtras du Yogasūtras de Patañjali - CHAPITRE I : SAMÂDHI PÂDA - Sūtras 1 À 6

Suite des réductions :

Six (esprit = pattern vibratoire) -> cinq (âme = double vibration tétravalente) -> quatre (psychisme = quatre registres fractals en résonance homéostatique) -> trois (neurologique = mémoire conditionnante structurée par facteur extérieur) -> deux (corps vivant = organisation spontanée par mémoire interne) -> un (matérialité = propriétés chimico-physiques de l’eau et du carbone)

 

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4106 lecteurs au 14/10/2015


[1Voir le mythe sur Wikipédia : Psyché (mythologie)

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