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Note clinique : L’autonomisation des femmes et les objectifs du Millénaire pour le développement - Discours de Mme Melanne Verveer, ambassadrice itinérante des États-Unis chargée de la condition de la femme

Centre des études stratégiques et internationales - Le 7 septembre 2010

D 7 septembre 2010     H 11:37     A     C 0 messages


 


 Le Sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement et l'autonomisation des femmes


 


(...)

Dans quelques semaines, les dirigeants de la planète vont se réunir à l’ONU afin d’évaluer les progrès obtenus en ce qui concerne la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de tracer la voie à suivre. [1]

Il y a dix ans, lorsque les 189 chefs d’État et de gouvernement ont apposé leur signature sur la Déclaration du Millénaire, ils se sont engagés à réaliser dans des délais impartis un ensemble de 8 objectifs destinés à mettre fin à l’extrême pauvreté et à améliorer l’état de santé et le bien-être des pauvres du monde entier.

Les États-Unis sont totalement en faveur des OMD. Comme l’a dit le président Obama, « les objectifs du Millénaire sont les objectifs des États-Unis », et le développement constitue, avec la diplomatie et la défense, l’un des grands piliers de notre engagement dans le monde.

Nous sommes fermement résolus à ouvrer de concert avec les nombreux partenaires attachés à cette cause commune en vue de réaliser ces objectifs d’ici à 2015 et à faire en sorte que les progrès obtenus se poursuivent à l’avenir.

À la fin de cette période de dix ans, il y a beaucoup de choses à célébrer et il reste aussi beaucoup de choses à faire.

Nous avons fait des progrès grâce au dur labeur et au dévouement d’une multitude de particuliers et de responsables politiques de pays qui accordent une grande place au développement et qui investissent dans le domaine social, aux efforts soutenus et aux partenariats entre les pays donateurs, l’ONU, d’autres institutions multilatérales, le secteur privé et les organisations non gouvernementales (ONG).

À l’heure actuelle, le nombre de personnes dans le monde disposant de moins de 1,25 dollar par jour pour vivre a diminué de près de 400 millions, ce qui devrait permettre de réaliser l’objectif relatif à la réduction de la pauvreté.

Un plus grand nombre de garçons et de filles font des études primaires et les achèvent. Presque les deux tiers des pays en développement ont atteint l’objectif visant à supprimer la disparité entre les sexes dans l’enseignement primaire.

La mortalité due au sida a diminué, et plus de 5,2 millions d’habitants de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire reçoivent un traitement antirétroviral.

Un tiers des pays où le paludisme sévit a observé une diminution d’au moins 50 % du nombre de personnes qui contractent cette maladie.

Fait également important, les femmes et les filles ont fait des progrès considérables pendant les dix dernières années. Un plus grand nombre de femmes contribuent à la vie économique, sociale et politique de leur pays.

Toutefois, nous savons tous qu’en dépit de ces progrès, il reste beaucoup à faire si l’on veut atteindre les chiffres fixés pour la réalisation des objectifs du Millénaire.

Les États-Unis exposeront les grandes lignes de leur stratégie visant à contribuer à la réalisation des OMD et la rendront publique officiellement lors du Sommet de l’ONU. Elle préconise que l’on accorde une grande attention à l’innovation (notamment à la recherche fondamentale et appliquée, à l’élargissement de l’accès aux technologies et aux méthodes qui sont efficaces et à la nécessité de considérer le développement de diverses façons nouvelles et perfectionnées).

Elle prévoit aussi de mettre l’accent sur la pérennité, ce qui exigera la promotion d’une croissance économique élargie (notamment en aidant les pays à adopter une politique favorable à la croissance, à encourager les échanges commerciaux, les investissements en matière d’infrastructure et la création d’entreprises, à soutenir les efforts des pays partenaires en vue de renforcer la gouvernance et les institutions démocratiques et à mettre en place des systèmes durables de fourniture de services).

Au centre de nos efforts figure la prise de conscience que les investissements consacrés aux femmes et aux filles sont un élément essentiel de notre programme de développement et que l’égalité entre les sexes est indispensable au progrès et au développement durable.

C’est là le sujet auquel je compte consacrer mon attention ce matin.

 

 ’L'égalité homme-femme : l'élément essentiel à la réalisation des OMD

 

Alors que nous célébrons le dixième anniversaire de l’adoption des OMD, nous célébrons aussi le quinzième anniversaire de la Quatrième Conférence de l’ONU sur les femmes. La conférence de Pékin et les OMD ont un rapport étroit. À Pékin, on a reconnu que l’autonomisation et les droits des femmes étaient aussi une condition préalable pour l’autonomisation et la promotion sociale de toutes les personnes, qu’il s’agisse d’hommes, de femmes, de garçons ou de filles.

À l’heure actuelle, la plupart des gens admettent que l’OMD 3, à savoir la promotion de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, constitue l’élément central pour la réalisation de tous les autres OMD.

C’est un simple fait qu’aucun pays ne peut progresser si la moitié de ses habitants reste à la traîne.

Comme la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, l’a souvent déclaré, les femmes et les filles sont l’une des grandes ressources inexploitées du monde, et les investissements qui leur sont consacrés constituent l’une des forces les plus puissantes en faveur du développement international. La promotion de l’égalité entre les sexes n’est pas seulement la bonne chose à faire, c’est la chose intelligente à faire.

Et pourtant nous sommes loin de mettre fin à l’inégalité entre les sexes. Nous savons que les femmes constituent encore la majorité des pauvres à travers le monde. Elles font 66 % du travail dans le monde pour ne recevoir, en retour, que moins de 5 % de son revenu. Ce fait a des conséquences incalculables sur la croissance et le développement économiques.

Malgré les progrès réalisés dans le domaine de l’enseignement, les deux tiers des enfants non scolarisés sont des filles et les trois quarts des adultes analphabètes sont des femmes.

Les femmes et les filles souffrent d’une manière disproportionnée de l’insuffisance des soins médicaux, et la violence à leur encontre constitue une épidémie mondiale.

Les femmes représentent la moitié de la population mondiale, et pourtant elles ne détiennent que moins d’un cinquième des postes au sein des gouvernements nationaux, et bien trop souvent elles sont exclues des négociations où l’on doit résoudre les conflits, alors que leur expérience et leurs activités sont essentielles pour le maintien de la paix.

Les efforts destinés à assurer la pérennité de l’environnement excluent beaucoup trop souvent les femmes bien qu’elles soient les principales gardiennes des ressources naturelles et des ressources des ménages.

Si l’on veut réaliser les OMD, les femmes et les filles doivent figurer au centre de nos stratégies de développement. La question n’est pas de savoir si nous pouvons nous permettre de leur consacrer des investissements, mais si nous pouvons nous permettre de ne pas le faire.

De nombreux travaux de recherche montrent que les investissements consacrés aux femmes et aux filles ont une corrélation positive avec la réduction de la pauvreté et la prospérité générale d’un pays. Il est reconnu que les petites et moyennes entreprises gérées par des femmes contribuent à accroître le produit intérieur brut (PIB). Le rapport du Forum économique mondial sur l’inégalité entre les sexes, qui mesure l’écart entre les hommes et les femmes dans un pays donné en matière de participation à la vie économique et politique, d’accès à l’enseignement et de santé, montre que dans les pays où cet écart est moindre, la prospérité est plus grande. L’égalité entre les sexes est bonne sur le plan économique.

Les investissements consacrés aux femmes constituent des placements sûrs car elles sont plus susceptibles de rembourser l’argent qu’elles empruntent, et cet argent a aussi un effet multiplicateur car elles le consacrent à leur famille et à leur collectivité.

Nous savons que lorsque les femmes occupent la place qui leur revient et apportent leurs talents et leur expérience dans le domaine politique, elles sont plus susceptibles d’investir pour le bien commun. Au niveau national, un taux élevé de participation des femmes dans le secteur public est lié à un degré moindre de corruption.

Nous savons aussi que la scolarisation d’une fille est le meilleur investissement en matière de développement que l’on puisse faire, car les retombées sont positives dans divers domaines, qu’il s’agisse de ses futures possibilités d’emploi ou de la santé de sa famille.

C’est pour cette raison que les États-Unis placent les femmes et les filles au centre de leur politique de développement et de leur politique étrangère.

C’est pourquoi nous consultons les femmes alors que nous élaborons des mesures et les appliquons, et que nous étudions soigneusement les effets que ces mesures vont avoir. De même, nous mesurons nos progrès en partie en fonction de l’amélioration des conditions de vie des femmes et des filles. Si nous voulons réaliser nos objectifs en matière de développement, il convient d’intégrer l’égalité des chances entre les femmes et les hommes dans nos principaux efforts de développement. Cela signifie aussi qu’il faut adopter des mécanismes de mesure et d’évaluation, et tenir compte de l’équilibre homme-femme dans la budgétisation et dans notre examen quadriennal de la diplomatie et du développement (QDDR).

Cette volonté d’investir dans l’avenir des femmes et des filles caractérise la plupart des grandes initiatives que le gouvernement Obama a prises en vue de la réalisation des OMD.

 

 L'Initiative mondiale en matière de santé (GHI)

 

La première de ces initiatives est l’Initiative mondiale en matière de santé, dont la dotation prévue est de 63 milliards de dollars et qui est destinée à améliorer la santé et à renforcer l’infrastructure médicale dans le monde entier. Il s’agit d’une entreprise énorme. Nous consacrons donc notre attention de façon stratégique aux personnes dont la santé a les effets les plus grands sur les familles et les collectivités, à savoir les femmes et les filles.

Nous augmentons proportionnellement nos travaux dans les domaines de la santé maternelle et infantile, du planning familial et de l’alimentation.

Pendant bien trop longtemps, les progrès en ce qui concerne la réalisation des OMD 4 et 5 ont été des plus lents. À l’heure actuelle nous avons un moment propice pour finalement nous attaquer aux taux élevés de mortalité maternelle et infantile. Comme la secrétaire d’État l’a dit lors d’un discours récent sur l’Initiative mondiale en matière de santé, « sauver la vie de femmes et d’enfants exige tout une gamme d’activités, dont l’amélioration de l’alimentation et la formation de sages-femmes qui peuvent aider les femmes à donner naissance en sécurité. Cela exige aussi un accès élargi au planning familial qui représente à l’heure actuelle l’une des interventions les plus rentables sur le plan de la santé publique. »

Avec le soutien du secrétaire général de l’ONU et de sa stratégie mondiale en faveur de la santé des femmes et des enfants, à laquelle nous sommes favorables et qui sera rendue publique lors du Sommet sur les OMD, ainsi que l’engagement du Royaume-Uni, de la Norvège et d’autres pays, le rôle dirigeant du Canada lors de la réunion du G8, les efforts dévoués d’organismes tels que la fondation Gates, l’ensemble des ONG et le grand engagement des États-Unis dans le cadre de la GHI, toutes ces forces sont déployées pour faire une fois pour toutes des progrès en ce qui concerne la réalisation des objectifs 4 et 5. Enfin, le rapport paru récemment dans la revue médicale The Lancet qui fait état de progrès dans la réduction du taux mondial de mortalité maternelle devrait nous donner confiance dans le fait que nos efforts seront couronnés de succès.

Dans le cadre de la GHI, nous sommes résolus à encourager la pérennité en nous employant à renforcer les systèmes de santé existants et en nous fondant sur eux pour aider les pays à développer leurs propres capacités à améliorer la santé de leur population. Cela fournira aux femmes un accès à un ensemble de services médicaux essentiels.

Nous élaborons aussi des stratégies novatrices en vue d’améliorer la santé au moyen de téléphones portables servant à transmettre des informations dans le domaine de la santé, par exemple à des femmes enceintes ou à de nouvelles mères.

En outre, nous lions nos programmes dans le domaine de la santé aux efforts visant à supprimer les obstacles économiques, culturels, sociaux et juridiques qui empêchent les femmes et les filles d’obtenir des soins. Parmi ces obstacles figurent la violence fondée sur le sexe, les pratiques traditionnelles qui sont néfastes telles que les mariages précoces et la mutilation génitale féminine, l’analphabétisme et l’absence de possibilités économiques.

La GHI renforce aussi l’engagement des États-Unis à s’attaquer à la pandémie mondiale du sida en accroissant l’attention qu’ils consacrent à la prévention, au traitement et aux soins. Le financement du PEPFAR (Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida) va augmenter, tout comme ses effets.

Ses stratégies de prévention seront plus générales. Par exemple, dans le cadre de la GHI et du PEPFAR, nous espérons fournir aux femmes et aux filles, en particulier aux adolescentes, les moyens et les connaissances nécessaires pour se protéger et intégrer le traitement contre le VIH et le sida dans les programmes qui portent sur la violence fondée sur le sexe, fléau qui contribue à la propagation du VIH. Enfin, nous sommes en train d’augmenter les moyens de traitement destinés aux femmes séropositives de manière à ce qu’elles risquent moins de transmettre le virus à leurs enfants.

 

 L'Initiative alimentaire pour l'avenir

 

En second lieu, les investissements consacrés aux femmes constituent aussi un élément central de l’Initiative alimentaire pour l’avenir du président, qui a été élaborée sous la direction de Mme Clinton. Il s’agit d’une dotation de 3,5 milliards de dollars destinée à renforcer l’approvisionnement du monde en vivres, de sorte que les cultivateurs puissent subvenir aux besoins de leur famille et que la population ait un plus grand accès à des vivres. Ce programme porte sur la réduction durable de la sous-alimentation au moyen de l’accroissement des rendements agricoles et tient compte du fait que la plupart des produits vivriers du monde sont cultivés, récoltés, stockés et préparés par des femmes qui forment la grande majorité des petits agriculteurs dans le monde.

À cet effet, il tient compte aussi du fait que les agricultrices ont des besoins particuliers en matière de formation, d’accès à des services financiers, aux marchés et à la prise de décisions si l’on veut qu’elles deviennent plus productives. Dans certaines régions, les femmes produisent 70 % des vivres, gagnent 10 % des revenus et ne possèdent que 1 % des terres. La réforme du régime foncier et du droit de la propriété, ainsi que du droit des successions, peut contribuer à faire progresser les femmes dans le secteur agricole et à garantir l’approvisionnement du monde en vivres.

 

 La question des changements climatiques

 

En troisième lieu, les femmes jouent un rôle clé dans l’action des États-Unis face au problème des changements climatiques. À cet égard, les États-Unis vont apporter une contribution conformément à l’accord de Copenhague en ce qui concerne le financement à mise en ouvre rapide en vue de faciliter l’adaptation des pays en développement et d’atténuer leurs problèmes au moyen notamment de technologies d’énergie propre. Ce sont les femmes dans les pays en développement qui sont le plus touchées, que ce soit par les tsunamis ou par la sécheresse. Elles constituent 70 % des petits agriculteurs et ont la charge principale au sein de leur famille d’obtenir de l’eau, des vivres et de l’énergie.

Ce sont elles aussi qui jouent un grand rôle en ce qui concerne la solution des problèmes et qui peuvent protéger leur famille et leur collectivité des risques de l’environnement et encourager des solutions durables face aux changements climatiques. Par exemple, de nouveaux petits appareils tels que des réchauds et des lanternes solaires peuvent non seulement faciliter la vie des femmes qui en sont les principales utilisatrices, mais aussi susciter la création d’entreprises durables et encourager l’autonomisation des femmes dans le domaine économique. Les femmes peuvent jouer un rôle en montant ces produits, en les vendant et en les réparant et contribuer aussi au développement d’une nouvelle économie verte.

À cet effet, la secrétaire d’État annoncera sous peu une nouvelle grande initiative, un partenariat entre le secteur public et le secteur privé destiné à sauvegarder la santé, à encourager l’autonomisation des femmes dans le domaine économique, à protéger l’environnement et par voie de conséquence à favoriser la réalisation des OMD.

 

 Les investissements propices à la croissance économique

 

En quatrième lieu, la croissance économique est essentielle pour réduire la pauvreté. Du fait que les petites et moyennes entreprises gérées par des femmes contribuent fortement à accélérer la croissance économique, nous faisons porter nos efforts sur l’accroissement des possibilités économiques offertes aux femmes. Des études montrent que, pour accroître le produit intérieur brut, il n’y pas de meilleur moyen ou de moyen plus efficace que les investissements dans les petites et moyennes entreprises. Nous savons pourtant que les femmes se heurtent à toute une série d’obstacles, qu’il s’agisse de la formation, de l’accès au financement et aux marchés ou d’une réglementation discriminatoire, qu’il convient de surmonter si l’on veut qu’elles puissent tirer parti de leurs possibilités dans le domaine économique.

Conjointement avec la réunion ministérielle récente de l’AGOA (loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique), nous avons créé le programme en faveur de l’entrepreneuriat des Africaines destiné à donner aux femmes les moyens et les connaissances dont elles ont besoin pour mieux tirer parti des avantages offerts par l’AGOA en ce qui concerne la création d’entreprises et de débouchés.

Nous collaborons avec les États membres de l’APEC (zone de coopération économique Asie-Pacifique) pour attirer l’attention pour la première fois sur les femmes en tant qu’agents de la croissance économique. La moitié de ces États sont des pays en développement. Selon des estimations, le PIB de cette partie du monde pourrait être supérieur de 40 milliards de dollars par an si les femmes pouvaient tirer parti de leurs possibilités.

En ce qui concerne les salaires des femmes en dehors du secteur agricole, qui est l’un des principaux indicateurs pour l’OMD 3, les progrès sont lents. Selon le Fonds de développement des Nations unies pour la femme, la part des femmes dans les emplois non agricoles n’a augmenté que de 3 % au cours des dix dernières années.

Par ailleurs, les femmes ont besoin d’un accès à toute la gamme des services financiers pour faire fonctionner leur entreprise, qu’il s’agisse d’une toute petite entreprise ou d’une entreprise petite ou moyenne. Elles ont besoin d’un compte d’épargne, de mécanismes d’assurance et de remise de fonds qui leur permettraient d’avoir une identité financière (ce qui est difficile pour des femmes pauvres qui n’ont pas de documents officiels d’identité). À l’heure actuelle, il existe toute une gamme d’arrangements financiers novateurs qu’il s’agisse d’opérations bancaires par téléphone portable ou des activités d’organismes d’entraide tels que SEWA qui permettent aux femmes pauvres de mieux réussir sur le plan économique. Par exemple, la Société financière internationale ouvre de concert avec des banques ougandaises afin d’accorder à des femmes des prêts destinés à leur permettre d’acheter des terres là où les terres peuvent servir de garantie. La possession de terres et le droit de propriété ont des effets directs sur la capacité des femmes à accéder à des moyens de financement, et cette accession est étroitement liée à la capacité des femmes à contribuer au développement économique.

 

 La participation à la vie politique

 

En cinquième lieu, un autre indicateur essentiel pour la réalisation de l’OMD 3, à savoir l’égalité entre les sexes, est la participation des femmes à la vie politique.

Nous savons que, quand les femmes apportent leurs talents et leur expérience dans le domaine politique, elles sont beaucoup plus susceptibles d’investir pour le bien public que les hommes. Le nombre de femmes qui font partie des conseils municipaux en Inde, les panchayats, offre un exemple bien clair de l’action des femmes pour ce qui est d’investir dans l’alimentation en eau potable, dans l’enseignement et dans d’autres domaines où les besoins de la collectivité sont insatisfaits. Et pourtant, les femmes sont bien moins nombreuses dans les Parlements, dans les conseils provinciaux, dans les négociations de paix, et la démocratie sans leur participation est une contradiction.

Les conflits exacerbent la pauvreté et entravent le développement en général. Les femmes ont besoin de participer activement au règlement des conflits, aux négociations de paix, aux transitions politiques et à la reconstruction qui fait suite à un conflit si l’on veut que les pays se stabilisent et que la paix soit durable. Les États-Unis s’emploient à faire en sorte que leurs propres institutions contribuent bilatéralement et multilatéralement à accélérer l’application des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui établissent un lien entre les femmes et la paix et la sécurité.

Les pays où les femmes sont opprimées et marginalisées sont plus dangereux, et l’extrémisme risque plus d’y prendre racine. Comme la secrétaire d’État l’a dit, l’assujettissement des femmes fait peser une menace sur notre sécurité nationale et sur la sécurité du monde entier parce que les souffrances des femmes et le déni de leurs droits vont de pair avec l’instabilité des États.

 

 Le rôle de l'innovation

 

Enfin, je tiens à faire état du rôle important de l’innovation. Je me rappelle souvent qu’il y a plus de trente ans mon ami, Mohammad Yunus, qui était alors un jeune économiste, a prêté 27 dollars de son propre argent à un groupe d’artisans pauvres dans une petite ville. Ce petit prêt a donné naissance à un tout nouveau système de crédit permettant de faire sortir les gens de la pauvreté, en particulier les femmes.

L’innovation est essentielle à un développement réussi. La secrétaire d’État souligne l’importance de l’innovation, de la technologie et des partenariats entre le secteur public et le secteur privé en tant qu’éléments fondamentaux de la manière dont on exécute la tâche du développement.

Un exemple de l’innovation est la technologie de téléphonie sans fil, qui s’est révélé être un instrument puissant de transformation du développement dans le monde. Toutefois, on tient rarement compte du sexe des usagers dans les solutions de téléphonie sans fil pour le développement. Le rôle de la téléphonie sans fil dans divers domaines, dont le secteur bancaire, l’enseignement, la fourniture de renseignements médicaux essentiels, l’autonomisation dans le domaine économique et la protection des femmes de la violence, montre bien les possibilités du téléphone portable pour ce qui est de la transformation de la vie des pauvres. Le téléphone portable peut aussi servir à mettre au point des moyens d’action pour la communication de données.

À l’heure actuelle, on compte, par exemple, environ 1 téléphone portable pour 3 habitants au Bangladesh. Et pourtant, dans le monde entier, il existe une disparité entre les hommes et les femmes en ce qui concerne l’usage d’un téléphone portable dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. En vue de commencer à s’attaquer à cette disparité et de mieux favoriser le développement, la secrétaire d’État annoncera le mois prochain un nouveau partenariat portant sur le téléphone portable.

Mme Clinton a également annoncé la création d’un prix de l’innovation pour l’autonomisation des femmes. Le but de ce prix, créé en collaboration avec la fondation Rockfeller, est de favoriser les méthodes les plus novatrices pour donner aux femmes des moyens d’action dans les domaines politique, économique et social à travers le monde. Il s’agit en particulier de récompenser, à la suite d’un concours mondial, les innovations qui sont très prometteuses pour obtenir des résultats plus importants en matière de développement.

 

 Conclusion

 

Des initiatives telles que celles-ci indiquent le rôle central des investissements consacrés aux femmes et aux filles en tant que principe fondamental de notre méthode de développement et de notre politique étrangère. La seule façon dont nous pouvons espérer faire face aux problèmes fondamentaux de notre époque est de tenir compte des besoins des femmes et des filles et de tirer parti de leurs talents et de leurs capacités à travers le monde. C’est avec ce message et dans cet esprit que nous ouvrons de concert avec nos partenaires pour accélérer les progrès en vue de la réalisation des OMD et pour créer un monde meilleur pour nous tous.


[1Voir le rapport 2010 sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en .pdf sur le site de l’ONU : http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010.pdf

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