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Le chemin des mots nouveaux dans notre cerveau

D 31 mars 2010     H 06:02     A     C 0 messages


> Voir en ligne : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62839.htm

> Ce rapport de recherche est paru dans le Bulletin Electronique (BE) Espagne 92 le 31/03/2010 (réseau mondial des Services Scientifiques des Ambassades de France). Je le mets en ligne pour illustrer l’article intitulé :

Il conforte la séparation nette entre ce qui est acquisition du « nom » (commun) et du « verbe » de la syntaxe. Il manque encore aux chercheurs la notion d’équilibre fonctionnel (homéostasique) souhaitable pour ces acquisitions, que notre travail clinique prévoit. Ceci, pour montrer que celui-ci n’est pas simplement descriptif, mais que son cheminement logique permet d’établir des prédictions, confirmant ou non sa validité.

 


Le chemin des mots nouveaux dans notre cerveau


 

La région du cerveau sollicitée lors de l’apprentissage n’est pas la même pour les mots et les verbes. Deux psychologues espagnols et un neurologue allemand en arrivent à ce constat à l’aide d’images cérébrales obtenues par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

Antoni Rodriguez-Fornells, chercheur ICREA de l’Unité Cognition and Brain Plasticity de l’Université de Barcelone [1] et co- auteur de l’étude, explique comment le gyrus fusiforme gauche du cerveau est activé lors de l’apprentissage des noms, alors que celui des verbes sollicite d’autres régions telles que le gyrus frontal inférieur gauche et une partie du gyrus temporal moyen postérieur gauche. Le chercheur catalan a mené cette étude publiée dans la revue Neuroimage avec la psychologue espagnole Anna Mestres-Missé et le neurologue allemand Thomas F. Münte.

L’équipe de chercheurs est partie du constat fait chez de nombreux patients ayant eu des dommages cérébrals et présentant une dissociation dans les traitements de ces deux types de mots, mais aussi chez les enfants, qui apprennent en général les noms avant les verbes. Les auteurs de l’étude ont donc décidé de mener une expérience afin de pouvoir visualiser ces différences dans le cerveau. Pour cela, 21 personnes ont été mises à l’épreuve de l’apprendissage de nouveaux mots et verbes et leurs réactions neuronales ont été enregistrées à l’aide de la résonance magnétique fonctionnelle. Celle- ci a permis d’observer les zones du cerveau en activité pendant l’exécution d’une tâche déterminée.

L’une des épreuves demandée aux patients était de deviner la signification d’un terme nouveau à partir de sa présence dans deux phrases différentes. A travers cet exemple, on illustre de façon expériementale l’acquisition que nous faisons tout au long de notre vie d’une partie de notre vocabulaire. L’acquisition de vocabulaire à partir de contextes verbaux est certainement l’un des mécanismes les plus importants pour l’apprentissage de mots nouveaux dans l’enfance puis la vie adulte, puisque nous apprenons constamment de nouveaux termes. Les participants ont donc dû deviner 80 nouveaux noms et 80 nouveaux verbes. Les images cérébrales ont montré que l’apprentissage de nouveaux noms active surtout le gyrus fusiforme gauche du cerveau alors que celui de nouveaux verbes met en activité le gyrus temporal moyen postérieur gauche et le gyrus frontal inférieur gauche. De plus l’activation de certaines zones du cerveau (l’hippocampe bilatéral et le putamen bilatéral) montre une corrélation positive avec l’efficacité de l’apprentissage de noms nouveaux mais pas avec celle de nouveaux verbes.

Ces résultats suggèrent que les mêmes régions du cerveau qui étaient associées à la représentation de la signification des noms et verbes sont aussi associées à l’établissement de correspondances entres ces significations et les nouveaux mots, un processus nécessaire pour l’apprentissage d’une seconde langue. Il n’y a pas selon les auteurs d’application pratique de cette recherche pour l’apprentissage des langues étrangères, mais elle nous indique dans quelle mesure nous utilisons une information différente des contextes verbaux, et parfois des réseaux neuronaux différents, lors de l’apprentissage de différents types de mots ayant des fonctions grammaticales différentes.

Source :

Rédacteur :

  • Sophie Palmier, Chargée de mission, sophie.palmier@sst-es.org

Origine :


[1Cognition and Brain Plasticity Unit : http://www.brainvitge.org/ 

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