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Nouvelle écriture de la logique tétravalente

D 5 février 2017     H 10:14     A Louÿs Jacques     C 0 messages


Comprendre la logique tétravalente nécessite d’en écrire les propositions de façon intelligible, sans devenir trop ésotérique. J’ai ré-écris dernièrement les bases logiques de la tétravalence, pour en préciser le sens. La piste suivie est que cette logique explique les bases de la fonctionnalité oscillatoire et rotatoire du psychisme humain, qui nous donne une souplesse inégalée de danse dans la soupe du réel.

 1/ L’opération de réduction du réel : S

Décidons d’aborder le réel. Ce dernier est trop vaste pour qu’on puisse le considérer en entier. On en détache forcément une partie. On appelle cette réduction par convention « S » . Ce « grand S » constitue la première proposition de cette logique. On détache du réel ce à quoi l’on va s’atteler. Notons que c’est une action de réduction. Elle nécessite une action de détachement, comme une tranche de miche de pain que l’on détacherait d’un réel assimilé à une miche de pain. On ne nie pas le réel, mais on voit bien que la tranche de pain représente ce à quoi l’on peut accéder de ce réel. Nos limites humaines font que, dès que l’on se tourne vers le réel, c’est pour l’altérer. Seul Dieu peut être censé se tourner vers le réel sans le briser. Nous, les humains, restons plus humblement des réducteurs.

 2/ La réaction de clivage : ¬S

La deuxième proposition est une réduction supplémentaire de cette première réduction. On l’écrit : « ¬S », à lire « moins S ». Le signe ¬ est le signe de la négation en logique binaire, mais je le réutilise pour signifier une réduction supplémentaire. En effet, la négation, en logique tétravalente, n’est pas l’abolition de la réduction, mais une aggravation de celle-ci. On n’y considère qu’une partie de la première réduction. On y sur-réduit le réel. La différence avec la bivalence est que cette négation ne fait pas revenir le réel au statut quo ante, comme dans une multiplication algébrique qui annulerait une réduction première (moins par moins égale plus). On ne peut recoller, de façon hallucinatoire, les morceaux de pain pour revenir à une miche de pain intacte. Ici, la négation aggrave notre réduction du réel. On réagit à l’action de réduction du réel en l’aggravant. Réduire l’action de réduction devient une « ré-action ». C’est une radicalisation de l’opération de réduction. On peut la représenter par le hachoir à pain qui détache complètement la tranche de pain de ses liens de proximité d’avec la miche entamée. C’est comme une tranche de pain que l’on détache, sans vouloir connaître la miche de pain altérée originale. On y perd les connexions d’avec le réel altéré. C’est une réaction de clivage, par une sorte d’idéalisation cognitive de la tranche de pain. On y considère la tranche de pain « en soi ».

Cette deuxième proposition est une application de la première, mais ce n’est pas une réaction nécessaire. Elle ne découle pas de la première directement. On peut se contenter d’effectuer la première, on n’est pas obligé de réagir avec la deuxième. Cette deuxième proposition est indépendante, en pratique, de la première, même si l’on peut décrire une déduction logique entre les deux.

 3/ L’opération de corrélation : corr(S,¬S)

La troisième proposition « corrèle » les deux premières. La corrélation n’est pas une juxtaposition, qui nous permettrait d’écrire trop simplement « S et ¬S », comme une espèce d’addition. C’est ce que j’ai fait jusqu’alors, en réutilisant l’écriture logique qui en avait été déjà réalisée. Cela reste trop peu indicatif de ce qu’est vraiment cette troisième proposition. Celle-ci crée un lien effectif spontané, où les éléments détachés co-existent. C’est une action de liaison, mais sans établir pour autant un lien de cause à effet. On l’écrit : corr(S,¬S).

Une corrélation crée une unité qui est, de nouveau, une action. C’est un rapport de simultanéité sans que l’on en connaisse la cause, sans qu’il y ait même à supputer une cause. Ça se présente ensemble, sans imaginer que c’est une « corrélation négative », c’est à dire l’union d’un bout de réel d’avec son contraire. Ce serait absurde. Dans cette logique « ¬S » n’est pas le contraire de « S ». La corrélation de cette troisième proposition logique se crée entre une réduction du réel et la réaction de sur-réduction qui en découle. On trouve les deux propositions S et ¬S ensemble. On est donc toujours dans la réduction du réel, sous cette forme de corrélation.

Il y a une miche de pain altérée. Il y a des tranches de pain ça et là. On corrèle les tranches de pain avec la réduction de la miche, en les trouvant ensemble par corrélation.

L’important est de considérer que l’opération de corrélation ne trie pas entre les déclinaisons ¬S de la réduction S. Ce pôle logique est celui de la corrélation de TOUTES les déclinaisons de la réduction initiale avec celle-ci.

Cette notion de corrélation fait tout l’intérêt de cette logique tétravalente. C’est un terme qui vient du bas latin correlatio « relation mutuelle ». Au 18e siècle, le mot prend le sens moderne de « rapport qui unit deux choses, deux notions, deux termes dont l’un appelle logiquement l’autre ». Ce qu’il faut se rappeler, c’est qu’il n’y a aucun rapport obligé entre cette troisième opération de corrélation et les deux précédentes. C’est une opération logique à part entière. On peut commencer les opérations logiques avec elle.

Je l’appelle troisième proposition par simple commodité, mais cela entraîne le risque de considérer une espèce de succession des opérations. Ce n’est que pour exposer ces propositions logiques que je les range ainsi. Les numéros de type 1/ 2/ 3/ 4/ ne sont que des index de ce rangement. Ce ne sont pas les signes d’une opération logique préalable sur ces propositions. Je n’ai tout simplement pas trouvé de moyen plus pratique de les exposer. Cela suit les vieilles façons d’envisager la logique tétravalente, pré-socratiques et bouddhistes notamment [1].

 4/ L’opération d’abstraction : ¬(S,¬S…)

Quant à la quatrième proposition logique, c’est celle de la réaction d’échappement, de ce qui échappe aux propositions précédentes. C’est ce qui reste intact en dehors de ces réductions. On l’exprime souvent avec la formule antique du « ni ni ». C’est « ni S, ni ¬S », ce qui, évidement entraîne tout de suite que ce n’est pas leur corrélation. Comme cela prend l’aspect d’une suite, je l’écris : ¬(S,¬S…).

On met de côté la miche de pain entamée pour la préserver d’une nouvelle coupure ou pour s’en resservir ultérieurement. Cela peut être aussi parce que ce qui en reste est trop coriace, trop sec, pour que nous en détachions un morceau. C’est ce qui ne peut se réduire dans notre action de réduction ou que nous ne voulons pas réduire. Là aussi, nous sommes dans la ré-action, de nous apercevoir qu’on ne peut/veut pas le réduire. C’est essentiellement le rôle de l’affect chez l’humain. Ce troisième pôle logique ab-strait le réel qui ne nous concerne pas. Il est aussi indépendant des autres que les trois autres, vu qu’il ne nécessite nullement les autres opérations pour exister. On peut trouver la miche de pain d’emblée trop dure à couper, comme dans certaines mystiques. Ce qui compte, c’est de ne pas croire que notre miche de pain peut se couper entièrement. Il y a forcément un « reste ». Le réel reste toujours inaccessible.

Résumons la formule des quatre propositions de la logique tétravalente, en suivant le rangement traditionnel :

S, ¬S, corr(S,¬S), ¬(S,¬S...)

Formuler et ranger ces propositions sous forme d’un groupe peut être une option plus moderne :


S                       ¬S
corr(S,¬S)    ¬(S,¬S...)

 

 

Les oscillations préférentielles logiques du psychisme humain

Le lien de ces propositions est logique, mais non nécessaire. Ce sont quatre propositions logiques indépendantes et, pourtant, nous dansons avec psychiquement. Les oscillations fonctionnelles de cette danse ne découlent pas directement des quatre propositions logiques proprement dites, mais elles ne sont pas non plus interdites par elles. Je peux avancer, sans trop de crainte, que les propositions logiques tétravalentes se créent de façon innée, auto-organisée, comme le sont les auto-organisations des systèmes ouverts. J’ai aussi de bonnes raisons de croire que la danse psychique entre elles résulte d’une empreinte maternelle épigénétique. Dans le psychisme à double corps de la dyade-mère-enfant, il s’agit de se servir des propositions logiques comme de pôles fonctionnels de réverbération. A partir de là, une double oscillation fonctionnelle s’établit et se poursuit dans tous les autres registres psychiques élaborés par l’enfant dans son développement. Cette empreinte dyadique investit les deux premières propositions, celles du S et du ¬S par des règles de fonctionnement. Cela introduit un élément extérieur d’organisation. Tandis que les deux derniers éléments, corr(S,¬S), ¬(S,¬S...), restent auto-organisés. Les oscillations se passent entre, d’un coté, un pôle hétéro-organisé et, de l’autre, un pôle restant auto-organisé. Cela crée deux types possibles d’oscillation où peut se concevoir la pérennisation de l’homéostasie psychique.

Il faut encore mieux étayer le raisonnement par inférence, qui part de la clinique et dont découlent ces élaborations. C’est un raisonnement qui reste assez fragile en science. Cela dit, si l’on ne construit pas d’hypothèses, de modèles, on n’avance pas non plus.

Dans le graphique, les doubles flèches représentent les oscillations préférentielles animant le psychisme humain, entre les quatre pôles psychiques de réverbération. Les deux éléments oscillatoires du dessus reçoivent une empreinte d’hétéro-organisation. Les deux pôles du dessous restent auto-organisés.

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