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Document clinique : le récit d’Alice - dilation temporelle lors d’une chute dans un ravin

D 19 octobre 2007     H 09:30     A     C 0 messages


> Ce récit est une illustration de l’article : L’agoraphobie revisitée

 

Nous avons l’habitude, mon mari et moi, de faire une sortie dans la montagne avec un couple d’amis une fois par an. Il y a trois ans, nous avons décidé de monter au sommet du H. et la météo avait prédit un temps nuageux. Malheureusement, après une demi-heure de marche, il se met à pleuvoir. Nous voilà obligés de prendre un parapluie et de redoubler de prudence sur les parcours mouillés.

Après plusieurs heures de marche, nous arrivons à un endroit où nous rencontrons des difficultés pour monter. Les hommes passent devant, mon amie et moi essayons de les suivre. J. , mon mari, m’appelle pour me dire d’aller plus à gauche. Mais il y a un ravin à gauche. Je me tourne à droite pour faire demi-tour. Je perds l’équilibre. Mon sac à dos m’entraîne vers l’arrière. Ca se passe comme dans un film au ralenti. J’ai le temps de penser qu’il faut que je lâche le parapluie et le bâton. Je fais une culbute en arrière et tombe avec les pieds en avant dans le ravin. Là, ça va très vite. Je glisse comme une luge. J’essaie de me retenir aux touffes d’herbes mais je n’y arrive pas. Sûrement qu’il faudra prévenir les secours de montagne pour me remonter ! A un moment, mon sac reste accroché dans une haie et je m’y agrippe de toutes mes forces. Je n’ose plus bouger de peur de glisser à nouveau. J’entends mon amie qui crie :« J. , elle ne bouge plus ! ». J’essaie de les rassurer mais ils ne m’entendent pas. Quand je sens que je suis vraiment bien accrochée, je commence par me hisser vers le haut en me tenant aux touffes d’herbe. Je monte à quatre pattes. Mon mari essaie de descendre mais ce n’est pas facile, c’est trop raide. Enfin, j’arrive en haut, le pantalon et les cheveux trempés.

  • Tu as mal ? me demande mon amie.
  • Non, je n ’ai pas mal. Tu sais, quand je suis tombée, c’était très lentement, donc je ne me suis pas fait mal.
  • Quoi ? réponds mon amie. Tu n’es pas tombée lentement, ça s’est passé comme l’éclair ! Je n’ai pas pu réagir et pourtant j’étais à côté de toi. Je ne comprends pas que tu n’aies rien. J’ai imaginé le pire... Alice, aujourd’hui, tu avais un ange gardien ! »

Cet événement nous a marqué tous les quatre. Nous ne pouvions qu’être reconnaissant de la manière dont il s’est terminé. Dans les jours qui suivirent, je n’ai eu ni rhume, ni cystite bien que je fus trempée et que j’avais froid. Et je n’ai eu aucun bleu.

 



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