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Document clinique : Paroles de liberté - Extraits du discours de John F. Kennedy aux Chefs de l’Eglise baptiste du sud (1960)

D 28 septembre 2006     H 10:56     A     C 0 messages


Source : Bureau des programmes d’information internationale du département d’État (USA)

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Si on a compté des catholiques parmi les premiers colons des États-Unis, il n’y a jamais eu de président catholique avant John F. Kennedy. Sa foi est devenue un problème durant la campagne électorale, certains détracteurs ayant affirmé qu’il risquait de prendre ses ordres du pape. Avant l’élection, Kennedy a abordé le sujet dans un discours prononcé devant les chefs de l’Église baptiste du Sud. Ce discours est devenu une déclaration de principe sur la séparation de l’Église et de l’État dans une démocratie.

 


> Pour comprendre l’importance de maintenir la liberté religieuse, et le risque de l’emprise d’une religion officielle ou sectaire sur la démocratie, voir l’article : La perversion-psychose dans le registre social du psychisme : passages à l’acte agressifs paranoïaques, attentats, massacres, génocides, guerres totales, “suicides” collectifs...


 
 

Parce que je suis catholique et qu’aucun catholique n’a jamais été élu président, les réels sujets qui devraient être abordés durant cette campagne ont été occultés - parfois délibérément, par certains milieux moins responsables que celui-ci. Il me semble donc nécessaire de décrire une fois de plus non pas l’église en laquelle je crois, parce que cela ne regarde que moi ; mais l’Amérique en laquelle je crois.

Je crois en une Amérique où la séparation de l’Église et de l’État est absolue - où aucun prélat catholique ne se mêlerait de dicter la conduite du président (s’il était catholique), où aucun pasteur protestant ne dirait à ses ouailles pour qui voter, où aucune église ou école religieuse ne recevrait de fonds publics ni de préférences politiques, et où aucun homme ne se verrait refuser un poste de la fonction publique simplement parce que sa religion est différente de celle du président qui le nommerait ou des électeurs qui voteraient pour lui.

Je crois en une Amérique qui n’est officiellement ni catholique, ni protestante, ni juive, où aucun responsable public ne demande ni n’accepte de conseil en matière de politique publique de la part du pape, du Conseil national des églises ou de toute autre source ecclésiastique, où aucun corps religieux ne cherche à imposer sa volonté, directement ou indirectement, à la population ou aux fonctionnaires, et où la liberté religieuse est si forte que tout acte perpétré contre une église devient un acte perpétré contre tous.

Car si cette année c’est un catholique que l’on montre d’un doigt soupçonneux, d’autres années - et cela pourrait se reproduire un jour - c’était un juif, un quaker, un unitarien ou un baptiste. C’est le harcèlement des prêcheurs baptistes par l’État de Virginie, par exemple, qui a poussé Jefferson à formuler le statut sur la liberté de religion. Aujourd’hui, c’est moi la victime - mais demain ce sera peut-être vous - jusqu’à ce que, en cas de grand péril national, le tissu de notre harmonieuse société soit déchiré.

Enfin, je crois en une Amérique d’où l’intolérance religieuse disparaîtra un jour, où tous les hommes et toutes les églises seront traités de la même façon - où chaque homme aura le même droit de fréquenter ou de ne pas fréquenter l’église de son choix, où il n’y aura pas de vote catholique ou de vote anticatholique, aucun bloc d’aucune sorte, et où catholiques, protestants et juifs, les laïques comme le clergé, éviteront ces attitudes de dédain et de division qui ont si souvent gâché leurs travaux dans le passé, et mettront en avant l’idéal américain de fraternité.

Telle est l’Amérique en laquelle je crois. Elle est le reflet du genre de présidence en laquelle je crois : un poste noble qui ne doit pas s’humilier en devenant l’instrument d’un groupe religieux, et qui ne doit pas non plus être refusé arbitrairement aux membres d’un groupe religieux donné. Je crois en un président dont les convictions religieuses sont cantonnées au domaine privé et ne sont ni imposées par lui à une nation tout entière, ni imposées par la nation comme condition préalable de candidature à la présidence.

Je ne verrais pas d’un bon oeil un président qui chercherait à contourner les garanties du Premier Amendement sur la liberté de religion (d’ailleurs, notre système d’équilibre des pouvoirs ne le lui permettrait pas). Je ne verrais pas non plus d’un oeil favorable ceux qui chercheraient à transformer l’article VI de la Constitution en un test de religion - même indirectement - car s’ils ne sont pas d’accord avec cette protection, ils devraient œuvrer ouvertement à la faire annuler.

J’appelle de mes vœux un chef de l’exécutif dont les actions publiques sont responsables envers tous et redevables envers personne - qui peut participer à toute cérémonie, service ou dîner conformément aux obligations de son poste - et dont l’accomplissement de ses fonctions n’est limité ou conditionné par aucun serment, obligation ou rituel religieux.

En fait, c’est pour cette Amérique que nos fondateurs sont morts lorsqu’ils se sont réfugiés ici pour échapper à des serments religieux, des refus de postes aux membres des églises les moins favorites, lorsqu’ils ont lutté pour la Constitution, la Déclaration des droits, le Statut sur la liberté religieuse en Virginie - et lorsqu’ils se sont battus en un lieu que j’ai visité aujourd’hui - fort Alamo. Bowie et Crockett, Fuentes et McCafferty, Bailey et Bedillio, et Carey et les autres sont morts côte à côte, et personne ne sait s’ils étaient catholiques ou non. Il n’était pas question de test religieux alors.

Je suis totalement opposé à ce qu’un groupe religieux quelconque, qu’il soit catholique ou protestant, utilise l’État pour imposer ou interdire l’exercice d’une religion, ou pour persécuter ceux qui pratiquent une religion donnée. Et cela vaut pour tous les pays, à toutes les époques.

Permettez-moi de souligner encore une fois que ce sont mes opinions - car, contrairement à ce qui se dit dans la presse, je ne suis pas le candidat catholique à la présidence, mais un candidat à la présidence qui est catholique.

En ce qui concerne la politique publique, je ne parle pas au nom de mon Église, et l’Église ne s’exprime pas par moi.

Mais s’il devait arriver - et je ne prévois aucun conflit - que durant l’accomplissement de mes fonctions je sois amené à agir contre ma conscience, ou au détriment de l’intérêt national, alors je démissionnerai, et j’espère que tout autre fonctionnaire consciencieux ferait de même.

En outre, je ne tiens pas à m’excuser de ces vues auprès de mes détracteurs, quelle que soit leur confession. Je n’ai pas non plus l’intention de désavouer mes vues ni mon Église afin de remporter cette élection. Si je perds à cause des réelles questions, je retournerai au Sénat satisfait d’avoir fait de mon mieux et d’avoir été jugé justement.

Mais si cette élection est décidée parce que 40 millions d’Américains ont perdu toute chance de jamais être le président du pays le jour où ils ont été baptisés, alors c’est toute la nation qui aura perdu aux yeux des catholiques et des non-catholiques du monde entier, aux yeux de l’histoire, et aux yeux de notre propre peuple.

Mais si, par contre, je devais remporter cette élection, je consacrerai tous mes efforts à remplir mes obligations de président (...) car je peux, sans réserve, « jurer solennellement d’accomplir fidèlement les devoirs du président des États-Unis d’Amérique et de préserver, de protéger et de défendre la Constitution, avec l’aide de Dieu », serment qui n’est pas très différent de celui que nous prêtons au Sénat.

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