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Rater son action sexuelle comme aspect de l’inhibition pervertie

D 1er juin 2006     H 14:29     A Louÿs Jacques     C 0 messages


 

Nous avons vu dans l’article intitulé “Les crimes sexuels impulsifs” un aspect de la perversion-psychose : une personne essaye de pratiquer, dans une relation sexuelle, une stimulation émotionnelle par la recherche de la douleur infligée à l’autre (algolagnie active) ou à lui-même (algolagnie passive). Il déborde alors, sans faire exprès, ses capacités de rétention émotionnelle. Ce pôle psychique affectif s’effondre et le pôle opposé réapparaît en symptôme : l’action mal structurée resurgit dans des passages à l’acte calamiteux, auto ou hétéro-agressifs, pouvant aller jusqu’au viol et au meurtre. La personne détruit bêtement les éléments de sa mise en scène algolagnique, au lieu de les entretenir. Le concept de perversion-psychose vient s’élaborer de cette démarche perverse, qui finit en destruction folle.

Tout autre est la personne émotive, qui s’essaie à soutenir un peu trop son désir pour l’autre, afin d’arriver à mieux jouir de la vie et à corriger sa trop grande inhibition. Elle va se forcer et/ou forcer un peu trop un partenaire, quelque part, pour y arriver. Elle va s’épuiser trop vite dans cette action désirante . De brusques symptômes affectifs viennent l’envahir, inhibitions massives soudaines de l’action, qui signent son échec. Elle va perdre ses moyens au moment où elle se décide, enfin, à agir dans son océan d’inhibition. Cela va profondément la faire souffrir. Cette action ratée est fondamentalement différente de l’agressivité des passages à l’acte précédents. On va parler du stress, du trac, de la trop grande émotivité de celui qui rate son action. En fait, c’est l’action un peu trop affirmée qui n’est pas soutenable. En s’épuisant trop vite, elle va provoquer des réactions émotives secondaires. C’est un point clinique fondamental, si l’on veut y comprendre quelque chose.

 


 

On a donc le paradoxe apparent d’une personne qui est trop affective de fond et qui va présenter des symptômes émotifs (amour paralysant, peur panique, brusque dépression, euphorie dispersante, haine irrépressible…), au moment où elle se décide, enfin, à oser désirer et agir en ce sens, en forçant la situation en quelque sorte. Ce sont surtout les moments où il est question d’une relation sexuelle “intéressée” qui vont pâtir de telles défaillances. Par exemple, une femme veut à tout prix avoir un bébé et cherche une relation sexuelle “fécondante” sans trop se soucier de l’envie de bébé du partenaire. Un homme veut arriver à coucher avec une femme pour entrer dans une famille sécurisante, sans trop prendre en compte le désir réel de sa compagne pour lui. Quelqu’un veut imposer un fétiche dans une relation qui dégoûte plutôt le partenaire que de l’exciter, ou veut amener un troisième partenaire avec quelqu’un qui rejette l’homosexualité. Souvent, c’est une amitié foncièrement asexuée, où l’un des amis veut forcer la relation sexuelle, pour rendre la relation plus complète.

 


 

Cela va troubler énormément la personne affective de voir son désir mêlé d’émotions aiguës gâchant tout. Même si l’émotion qui surgit en symptôme est positive d’apparence, elle va prendre l’aspect d’une stupeur amoureuse incontrôlable, qui va sinistrer le moment de l’action. Si c’est une émotion négative, cela ne va pas provoquer une agressivité psychopathique, mais cela va entraîner une bouffée de haine, par exemple, ou une grande tristesse vis à vis de l’acte sexuel, au moment où l’envie de l’autre se concrétise. Au lieu d’une érection qui montre le désir vers l’autre en marche avec une ouverture des orifices du corps et de leur lubrification (sur le mode de la salivation orale), on a un défaut d’ouverture ou une fermeture qui revient trop vite, un dessèchement général et une réaction émotive douloureuse. Ou, la personne va provoquer immanquablement chez l’autre, un peu trop sollicité, cette dégringolade symptomatique.

Ces personnes affectives se font du mal et elles font mal à l’autre quand elles essayent d’avoir une relation amoureuse un peu trop forcée . Ce n’est pas de la douleur recherchée. Ce n’est pas de l’algolagnie. Elle vont plutôt essayer d’éviter la douleur autant qu’elles le peuvent. Le seul point commun avec la perversion-psychose, c’est que ce sont des personnes qui ne peuvent assumer leurs prétentions.

Notons que, là aussi, il faut disposer d’une conception oscillatoire et homéostatique du psychisme pour arriver à comprendre de tels blocages fonctionnels.

Pour élaborer un concept plus général pour ce genre de problèmes, en l’étendant à d’autres troubles similaires dans d’autres types de relations humaines, nous parlerons à ce propos d’INHIBITION PERVERTIE.


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