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Présentation du site « Recherche clinique PSY »

D 1er janvier 2004     H 11:20     A Louÿs Jacques     C 0 messages


  Sommaire  

 


 Recherche


 

« Chercher et rechercher », c’est avoir conscience de ne pas forcément trouver et, si l’on trouve, de ne pas penser que l’on a tout trouvé ; c’est, sans cesse, par principe, remettre son travail sur le chantier. Tout ce qu’il y a sur le site est en chantier, précaire et destiné à le rester, car il y va de la démarche scientifique où l’on établit des modèles de la réalité, à valider le temps qu’ils sont utiles.

Ici, le modèle du psychisme est un modèle fonctionnel logique, différent des modèles descriptifs qui reposent sur des notions statistiques. Un modèle, c’est un filet de pêche : selon la grosseur du filet, sa nature, son niveau de simplicité, on pêchera des objets différents de la réalité. L’avantage d’un modèle logique sur un modèle statistique, c’est qu’il permet de pêcher des objets par déduction logique de leur existence, de vérifier s’ils existent ou s’ils ne sont qu’une vue de l’esprit. Il permet surtout d’articuler les objets entre eux. L’articulation des symptômes, c’est ce que ne pourra jamais faire un modèle à base statistique. Ce dernier ne peut qu’établir des corrélations, sans distinguer la nature des objets repérés,- sans être capable de distinguer un symptôme d’un mode défense, par exemple. Il ne peut donner comme réponse que des corrélations entre la présence simultanée d’objets, sans comprendre leurs articulations. Il précède le modèle logique comme les cabinets de curiosités du 17ème siècle ont permis d’annoncer les travaux plus logiques du 18ème, où l’on a commencé d’articuler réellement les objets entre eux. L’ambition de ce site est de faire advenir une réelle pensée scientifique dans le champ du psychisme, après l’échec relatif à ce propos de H. Ey, prisonnier d’une vision trop « jacksonnienne » [1], trop hiérarchique des choses, pour en trouver la base oscillatoire homéostatique. Notons que Lacan ne s’était pas départi non plus d’une telle vision hiérarchique, dans ses dénouages et renouages nodaux borroméens, alors même qu’il avait auparavant réussi à formaliser les articulations au quart de tour de ses « quatre discours », dont l’organisation « immanente » et oscillatoire est flagrante (1970).

 

 

Il s’agit de se démarquer complètement de la théorie de l’émergence au profit d’une conception horizontale de registres psychiques fonctionnels, résonnants entre eux par une même articulation logique et oscillatoire.

 


 Clinique


 

Un modèle fonctionnel « clinique », c’est un modèle qui définit un fonctionnement du vivant. On vérifie ce modèle par les aspects logiques repérables que doivent prendre les ratages prévisibles de son fonctionnement. Prévoir un résultat et le repérer dans la réalité, est ainsi une grande satisfaction pour le scientifique. Dans le vivant, surtout le vivant humain, où l’on a pas vraiment la possibilité de feindre de se situer hors du champ d’observation et de se livrer à des expériences, la clinique est la récompense ou le désespoir du chercheur ! La clinique sous-entend un modèle du vivant qui fonctionne bien pour quelqu’un, ou moins bien. Quand c’est moins bien, le fonctionnement défaillant suit des lignes de conduite repérables, qui montrent que l’objet d’origine (le psychisme) avait, bel et bien, une structure fonctionnelle et qu’il ne se déglingue pas n’importe comment, ni n’importe où. Il ne se brise pas en mille morceaux et il ne suit pas, non plus, une déglingue purement unique à chaque fois. Il y a des éléments repérables, qui peuvent faire accord entre chercheurs partant du même modèle.

Le modèle du vivant utilisé ici, est celui tiré de la biologie : un organisme vivant se définit par un équilibre interne appelé l’homéostasie. Pour cela, des fonctions contraires se neutralisent et s’équilibrent pour maintenir un niveau intérieur satisfaisant. Il doit aussi se placer en équilibre avec son milieu, afin que les échanges avec celui-ci servent l’homéostasie et ne la dérèglent pas. Des facteurs internes et externes interviennent dans le dérèglement d’un être vivant, mais la structure même des équilibres en question, fait que la clinique apparaît quasiment la même, que la cause soit externe ou interne. En gros, cela refoule une fonction qui pourra resurgir de travers dans un symptôme remarquable, après épuisement des adaptations pathologiques à la défaillance de la fonction. Symptômes et adaptations pathologiques sont donc les éléments clés de cette clinique, les adaptations pathologiques pouvant être appelées aussi « moyens de défense » du sujet contre le risque de la pénibilité du symptôme.

 


 PSY


 

« Psy » pour psychisme ; définissons le psychisme comme ce qui s’occupe prioritairement, chez l’humain, du maintien de cet équilibre fonctionnel, entre le dehors et le dedans. Nous pourrions le définir de cette façon pour tout être vivant, mais cela nous entraînerait trop loin ; il nous faudrait utiliser un autre terme plus global, alors que celui de « psychisme » nous sert bien chez l’être humain.

On voit clairement, dans une pareille définition, que la différence entre « corps » et « psychisme » n’est pas possible. Le psychisme n’est pas l’âme distincte du corps, mais c’est ce qui permet le jeu et le maintien harmonieux des équilibres fonctionnels de l’humain dans toutes ses composantes, y compris le corps. Il intervient dans les équilibres intérieurs et dans les équilibres avec l’environnement. Il ne se limite pas, non plus, au système neuro-endocrinien corporel, comme dans une réduction « psychologique » habituelle. Par exemple, dans la dyade mère-enfant, il concerne deux systèmes neuro-endocriniens réunis dans une même unité fonctionnelle. Dans les régulations sociales, il concerne une multitude de systèmes corporels neuro-endocriniens en interrelation par la danse sociale et le langage etc. Cela permet un recul fonctionnel par rapport au réel neuro-endocrinien. Ce dernier n’apparaît que lors des effondrements psychiques, où se perd la mise à distance fonctionnelle.

Quatre types de relations essentielles sont utilisés dans ce modèle. Chacune des relations se repérera en clinique par les désordres spécifiques dont elle sera le siège :
- la relation de maîtrise de l’homme à son prochain (à partir de la dyade mère-enfant) ;
- la relation de l’homme à son corps individuel et aux capacités d’autonomie de celui-ci (relation à lui-même) ;
- la relation sociale (aux autres), qui intéresse les constructions familiales, sociales et langagières ;
- la relation sexuée (à l’autre sexué, caractérisé par son manque).

Le plan du site comprend logiquement quatre grands chapitres correspondants à ces types de relations premières. J’y aborde aussi les alliances entre registres, quand ils se superposent de façon dansante et résonnent ensemble pour réaliser des propriétés résultantes spécifiques. La clinique de ces danses de registres est très importante elle aussi.

Une grande partie du psychisme est inconsciente. Des routines diverses sont en fonction sans que nous nous en rendions compte. C’est la machinerie de base du psychisme. Freud en a fait une émanation de la mémoire. Lacan en a fait un logiciel dépendant du langage. Jung a mis l’accent sur la dualité fonctionnelle indépassable entre féminin et masculin, que nous traduisons, aujourd’hui, entre duel et ternaire. Ce travail s’est construit à partir de ces notions :
- le processus primaire, pour Freud,
- la formulation des quatre discours, pour Lacan,
- l’équilibre fonctionnel entre dualité et ternarité, hérité de Jung.

Je renvoie le lecteur intéressé par l’inconscient aux travaux de ces auteurs. Nous nous intéressons, ici, d’abord au vécu conscient de l’humain et à la souffrance rencontrée dans la clinique de son psychisme.

Comme médecin, je suis attaché à ce que les constructions cliniques débouchent sur une amélioration de la compréhension de la souffrance humaine psychique et de son traitement. Celui-ci doit bien intégrer, à un moment ou à un autre, la machinerie inconsciente, mais à condition de savoir pourquoi, dans quel but, pour quelle finalité : à savoir le dénouage du symptôme et de sa douleur. Au préalable, il faut savoir reconnaître et situer le symptôme dans l’économie psychique générale. Ce site a entière vocation à la reconnaissance de la logique du symptôme, sans laquelle il ne saurait y avoir prise en charge raisonnée possible. Il y est insisté particulièrement sur les différences entre symptômes et moyens de défense, qui sont si souvent mélangés d’habitude. De même, sont soulignées les différences entre un symptôme isolé, épisodique, bouleversant et la chronicité d’un symptôme, résultant d’un forçage de jouissance, en quelque sorte, c’est à dire la formation d’un « sinthome », selon l’expression de J. Lacan.

Le lecteur trouve sur le site des articles de clinique théorique. Il trouve aussi des documents cliniques, souvent assez anciens, de façon à ne pas interférer avec des cas actuels. Il peut proposer lui-même et lire des témoignages actuels de l’existence de la clinique psychique, anonymisés autant que nécessaire à leur publication.

Enfin, ce travail nous conduit à émettre des hypothèses sur la nature de l’esprit. Ce travail clinique est tout à fait nouveau sur beaucoup de points et je souhaite au lecteur d’aiguiser avec lui sa curiosité scientifique, d’autant plus s’il est lui même dans une démarche de soin. Toutefois, les équilibres oscillatoires du psychisme ne dépendent pas complètement des rapports de force entre les pôles fonctionnels du psychisme. Il y a un principe déstabilisant qu’il ne faut pas réifier trop vite à la manière aristotélicienne, en y mettant une majuscule : l’Esprit. Mais, l’esprit n’est pas, non plus, une abstraction commode que l’on garderait par habitude, pour pallier aux manques de notre savoir. Il y a toujours un certain mystère fonctionnel psychique que j’interroge en même temps que le travail clinique abondamment développé ici. Les retours espérés des lecteurs me permettront peut-être d’avancer un peu plus à ce sujet.

 


 


Popularité : 5306 lecteurs le 01/12/2013

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